La décision concernant les débarquements a été prise lors de la conférence anglo-américaine de Québec en août 1943. Il a été décidé que l'opération Overlord serait la principale et qu'elle serait appuyée par une attaque dans le Sud de la France, nommée finalement opération Dragoon. Dans la stratégie des Alliés, le débarquement de Provence a joué un rôle essentiel. Il s'agissait de détourner les forces allemandes du débarquement principal. Cette opération se déroule sous le commandement du général américain Alexander Patch.
L'assaut au sol, à l'aube du 15 août, a été précédé dans la nuit d'une préparation aérienne accompagnée du parachutage de soldats britanniques et d'une opération d'atterrissage de planeurs américains. Plus de 94 000 soldats et 11 000 véhicules sont débarqués dès le premier jour et au total près de 250 000 hommes y sont engagés. Une des conséquences de cette opération fut de permettre à des troupes françaises de combattre sur leur propre sol et de contribuer pleinement à sa libération. C'est un élément politique et psychologique essentiel pour l'après-guerre. Combattant aux côtés des armées alliées, l'armée d'Afrique, composée de troupes levées par la France dans l'ensemble de son empire colonial, et plus particulièrement en Afrique du Nord, comptait à l'heure du débarquement en Provence, en août 1944, 173 000 Tunisiens, Marocains, Algériens, Africains d'Afrique occidentale et équatoriale. A leurs côtés se trouvaient 168 000 Français d'Afrique du Nord, 35 000 Corses et 20 000 évadés de France. Dans la nuit du 14 au 15 août 1944, les commandos d'Afrique comptent parmi les premiers soldats qui abordent la côte provençale, précédant de quelques heures la 1e Division française libre (DFL) du général Brosset. [Voir Philippe Lamarque, Le Débarquement de Provence 15 août 1944, Paris : Le Cherche Midi, 2003].