Le 12 juin, se tient la deuxième partie de la Conférence de Paris pour l'Afghanistan. Après le rendez-vous du 24 mai et le forum de la société civile pour le soutien à l'Afghanistan, cette rencontre est l'occasion de réaffirmer la solidarité et l'engagement durable de la communauté internationale en faveur d'un pays et de son peuple. Seront présents des représentants d'ONG et d'institutions engagées. Et parmi eux : l'Ina.
En effet, depuis 2002, l'Institut national de l'audiovisuel est associé à la Radiotélévision afghane, Afghan Films (les actualités cinématographiques) et Ariana Films (les archives du commandant Massoud) pour mettre en place des chaînes de sauvegarde audiovisuelle. Apporter du matériel neuf à Kaboul ou réparer les appareils anciens, visionner, écouter les documents, les transférer sur un support numérique, former des techniciens, et participer à la diffusion des images : le programme de coopération est le fruit d'un véritable travail de confiance entre des institutions. Mais surtout, il résulte d'une volonté commune de sauver une culture afghane précieuse, complètement délaissée (voire détruite) lors du régime des Talibans.
Pour les plus jeunes, les documents d'Afghan Films (les actualités cinématographiques) sont très forts : ils témoignent d'une période où l'Afghanistan était en paix et sur la voie d'une certaine prospérité économique et sociale, depuis perdue. Ce retour en arrière est très instructif. Pour les anciens, il s'agit de se remémorer ce qu'ils ont vécu.
Parmi les près de 16 000 heures qui composent le fonds afghan, les images d'Ariana films permettent, elles, de fournir des documentaires sur les méthodes d'attaque et les actions du commandant Massoud. En effet, ce chef d'armée souhaitait transmettre aux pays étrangers des témoignages photos et vidéos et avait fondé au début des années 1980 Ariana Films, conçu comme une sorte d'agence de presse.
Aujourd'hui, Ariana Film est devenu un fonds vidéo qui regroupe aussi bien des films professionnels que des enregistrements amateurs. Youssouf Janessar (lire l'interview) est un ancien cameraman du Commandant Massoud. Il est resté auprès de lui durant quinze ans. Aujourd'hui, il est le seul à pouvoir dévoiler la substance et donc permettre la mise en ligne de ces films de guerre. Car, après la sauvegarde des archives afghanes, le grand enjeu est l'utilisation de celles-ci et leur communication.