Point de départ : l'échec du mandat britannique en Palestine censé installer, après la chute de l'Empire ottoman en 1920, un foyer national juif en terre musulmane. Mais les Palestiniens désapprouvent. Et, du refus du nationalisme juif naît un nationalisme arabe qui, en 1936, se révolte. Devant son incapacité à rétablir l'ordre dans cette partie du monde, le gouvernement britannique décide de remettre en 1947 son mandat aux Nations-Unies.
Dès le 13 mai 1947, l'ONU désigne les membres de l'UNSCOP (United Nations Special Committee on Palestine), une commission de réflexion sur le devenir de la Palestine.
Très vite, l'UNSCOP opte pour deux options : la création d'États juif et arabe indépendants, avec la ville de Jérusalem placée sous contrôle international, ou la création d'un seul État fédéral, contenant à la fois un État juif et un État arabe.
La première solution est retenue à la majorité. C'est ainsi que, le 29 novembre 1947, le plan de partage de la Palestine (Résolution 181) est voté. Les frontières de l'Etat juif sont dessinées.
La grande majorité des Arabes refuse ce partage. Dès novembre 1947, la guerre entre Juifs et Arabes de Palestine éclate, sous l'œil passif des Britanniques, qui ne quittent le pays que le 15 mai 1948.
C'est dans ce contexte que, le 14 mai 1948, (un jour avant le départ des Britanniques, afin de respecter le shabbat), David Ben Gourion, alors à la tête du gouvernement provisoire, proclame la création de l'Etat d'Israël dans le cadre des frontières déterminées par les Nations-Unies.
L'idée, chère au père du sionisme Theodor Herzl, de fonder un foyer national capable d'accueillir tous les Juifs de la diaspora prend forme. Les Juifs ont enfin leur terre promise et ils y accourent ! Qu'ils soient Européens rescapés du nazisme, Orientaux confrontés à la montée du nationalisme arabe, Soviétiques ou bien encore Ethiopiens, nombreux sont ceux qui font leur alya (retour en Israël). De ce point de vue, la création d'un Etat hébreu est une réussite.
Une réussite en demi-teinte puisque la création d'Israël provoque le courroux des pays arabes. La guerre israélo-arabe jamais vraiment interrompue s'intensifie. Conséquence : l'exode d'un grand nombre d'Arabes, tout simplement chassés ou craignant pour leur sécurité. Si une poignée de ces réfugiés gagne les pays arabes environnants, la majorité est relogée dans des camps en Syrie, Jordanie et dans la bande de Gaza.
Et c'est bel et bien le sort de ces réfugiés et, désormais, de leurs descendants qui est au cœur de l'hostilité permanente entre les pays arabes et Israël. Car soixante ans après la création de l'Etat hébreu, malgré nombre d'accords et autres cessez-le-feu, le conflit persiste. Et toujours pas d'issue en vue