Il aura fallu des mois de négociations. Mais le 10 avril 1998, dix partis de l'Ulster (du nord de l'île), les délégations de la république d'Irlande (au sud) et de la Grande-Bretagne signent un accord de paix tant attendu. Celui qui doit pacifier les relations entre catholiques et protestants.
Finalisé sous l'égide des Etats-Unis et le médiateur Georges Mitchell, l'accord de Belfast (pour les protestants) ou accord du Vendredi saint (pour les catholiques) prévoit un cessez-le-feu immédiat, l'élection d'une assemblée locale d'Irlande du Nord et le désarmement de la plupart des organisations para-militaires.
Il préconise aussi la création du Conseil Nord-Sud pour développer des politiques entre les deux « Irlande », et la création du Conseil Est-Ouest pour favoriser les échanges entre les Parlements britanniques, écossais et nord-irlandais.
Point important, l'accord exige de la république d'Irlande qu'elle abandonne toute revendication territoriale sur l'Irlande du Nord. En contrepartie, la Grande-Bretagne s'engage à ne pas s'opposer à l'union entre l'Irlande du Nord et l'Irlande du Sud, si telle est la volonté de la majorité de tous les Irlandais en Ulster, catholiques comme protestants.
L'accord de Belfast a été ensuite proposé par référendum à tous les Irlandais. Au nord, le résultat a été positif à 71,1 % (avec un taux de participation de près de 81 % de la population). En république d'Irlande, la réponse a là aussi été favorable, avec 84,3 % des voix (taux de participation de 55,59 %).
Ainsi, les Irlandais assistent à la fin d'un conflit, dont l'origine remonte à la partition de l'Irlande en 1922. Il est particulièrement sanglant dans les années 70, 80 et 90.
A l'automne 1968, ce sont les premières manifestations de catholiques qui réclament de nouveaux droits civiques. Un an plus tard, les premiers attentats éclatent.
En 1997, l'élection du travailliste Tony Blair en Grande-Bretagne et celle de Bertie Ahern du parti centre-droit Fianna Fail, en République d'Irlande, favorisent une reprise des négociations. Elles aboutissent à la signature du 10 avril 1998. 3500 morts en 30 ans : voilà le triste bilan de cette opposition interconfessionnelle.