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Le général de Gaulle à Pleumeur-Bodou
19 octobre 1962
(Fiche média : 00206)
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(Silence) (applaudissements)
Merci, merci, merci. C'est avec une satisfaction profonde, et j'ajoute avec fierté, que nous inaugurons ce matin, ce menhir, autrement dit ce symbole de la très grande réussite qui vient de se révéler à Pleumeur Bodou. Très grande réussite, technique d'abord, combien c'est évident, même pour un profane, quand il arrive qu'on puisse remarquer et s'expliquer cette immense synthèse de la mécanique, de la physique, de la chimie, de l'optique, de l'électricité, de l'électronique, qui permet une réalisation pareille. Et aussi, quand on constate cet ajustement incroyable de toutes les activités, de toutes les initiatives, et j'ajoute de tous les dévouements, qui ont permis de le faire fonctionner. Réussite nationale. Il est parfaitement vrai que cette station de Pleumeur Bodou a été accomplie avec le concours de nos amis et alliés américains, qui ont pris l'initiative spatiale, en raison des moyens qu'ils ont et de leur qualité, à toute sorte d'égards, en particulier scientifique et technique. Mais il n'en est pas moins vrai que la part nationale dans cet accomplissement est éminente et saisissante, et qu'elle inspire à celui qui la voit, et d'abord je dois le dire à moi-même, une immense fierté, et comme je le disais au début ,une profonde satisfaction. Il n'est pas vain, d'ailleurs, que ceci ait lieu sur le sol de la Bretagne. Il y a toute sorte de raisons pour lesquelles ce qui se passe en Bretagne, quoi que parfois l'on dise, est particulièrement cher à toute la France. Il y a ici une oeuvre nationale fondée, installée sur le sol breton, une de plus, en cela aussi je vois un grand symbole. Enfin, c'est une réussite internationale. Il va de soi que ces rapports, directs, constants, établis entre des continents, grâce à tout ce qui se fait ici, en même temps que cela commence à se faire ailleurs, est pour les rapports entre les hommes, pour leur compréhension réciproque, pour leur amitié, quelque chose qui sera probablement décisif. Le jour vient où il sera bien difficile d'imaginer la guerre, quand tous les hommes, où qu'ils soient, seront en contact direct les uns avec les autres, se verront tels qu'ils sont, et se comprendront, autrement dit, seront les uns pour les autres, des hommes. Encore une fois, je me félicite d'être venu ici. J'adresse les compliments de, de la France, à ceux qui ont participé à cette grande oeuvre. D'abord bien entendu à messieurs les ministres, à aussi à monsieur Marzin, à ses collaborateurs, à tous les techniciens et ingénieurs qui ont participé à la réalisation. A toutes les industries françaises aussi, qui s'en sont mêlé. C'est encore une fois, pour moi, vraiment, et peut-être en ce moment surtout, une joie très grande d'avoir procédé à cette inauguration. Vive Pleumeur Bodou ! Vive la science française ! Vive la Bretagne ! Et vive la France !
(Applaudissements) (Silence)