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FICHE-MÉDIA

La porcelaine de Limoges

1983-09-17
(Fiche média : 03045)
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Notice
Résumé :

A partir des années 1970, la porcelaine de Limoges s’enfonce dans une crise durable, malgré les efforts de modernisation de la production. Elle incarne cependant l’excellence de l’artisanat français.

Durée : 2 min 54 sec
Date de diffusion : 1983-09-17
Type de média : Video - Journal télévisé
Collection : Limousin actualités
Diffuseur : FR3 Régions
Personnalités :
Lieux :
Thèmes :
Contexte historique

Née en 1771 grâce à la présence des ressources naturelles nécessaires à sa fabrication et à la volonté de l’Intendant Turgot, la porcelaine de Limoges connaît son âge d’or au XIXe siècle, avec les débuts de fabriques prestigieuses comme Haviland, Guérin, Pouyat, Bernardaud, Tharaud, ou GDA. Cependant, les deux guerres mondiales, puis la crise économique des années 1970 fragilisent nettement le secteur de la porcelaine, dont les coûts de production sont élevés. Parallèlement, des modifications sociétales, comme la baisse du nombre de mariages ou les évolutions du système de distribution, accompagnent la désaffection dont est victime la porcelaine. Ainsi, les ménages aux revenus moyens se détournent de la porcelaine pour des matériaux moins nobles, mais meilleur marché tels que le grès ou la faïence. La porcelaine de Limoges est également confrontée à la concurrence de sociétés étrangères allemandes comme Villeroy et Boch ou les multiples entreprises chinoises.

Le secteur de la porcelaine de Limoges s'engage dès lors dans une politique de modernisation des outils de production, ce qui permet une réduction des coûts, et avance de nouvelles options stratégiques fondées sur l'exportation. Ces réformes permettent le maintien de la porcelaine de Limoges mais ne résorbent pas la crise qui s'accroît depuis les années 1980. Ainsi, entre 1988 et 2003, les effectifs chutent de 45% et le principal enjeu réside dans le sauvetage des 1 250 emplois subsistant dans une douzaine de manufactures, alors qu'en 2003, le chiffre d'affaires baisse de 15%. En 2005, Le pôle européen de la porcelaine à Limoges est l'un des 66 pôles de compétitivités nouvellement créés. Parallèlement, se construit le Centre Européen de la Céramique destiné à être un moteur dans le domaine de la recherche et de la formation en matière de céramique. Ces mesures soulignent la nécessité d'une action gouvernementale au soutien de la porcelaine de Limoges qui demeure, par sa renommée, un domaine prestigieux de l'artisanat français.

Éclairage média

Ce document s’attache à décrire les difficultés économiques traversées par l’industrie de la porcelaine de Limoges au début des années 1980. Il s’efforce de demeurer assez neutre et se refuse à toute attitude alarmiste. Précisément, c’est le terme de "difficultés" et ses multiples déclinaisons qui est utilisé par le présentateur ainsi que par toutes les personnes interrogées, tandis que le terme de "crise" est soigneusement évité. Pourtant, le secteur de la porcelaine s’enfonce dans une récession durable. Le reportage présente avec justesse l’une des causes majeures de ces difficultés, la désaffection progressive de la population française, qui aspire à plus de simplicité en matière de vaisselle. En revanche, il n'évoque pas les effets de la concurrence internationale.

Transcription
Journaliste

Des difficultés, on en parle aussi beaucoup à propos de la porcelaine de Limoges. Il en a été question au salon Bijorca qui vient de se tenir à Paris. Des rumeurs pessimistes circulaient depuis plusieurs mois à propos de l'emploi : des articles dans la presse nationale ont même décrit la porcelaine de Limoges comme une industrie en plein déclin. Nous avons voulu connaître les difficultés réelles rencontrées par les fabricants, c'est l'objet de l'enquête que [Christian Bélingard] vous propose.

Christian Bélingard

Au printemps, les porcelaines industrielles du Limousin à Saint Yrieix qui employaient une centaine de salariés déposaient leur bilan. Quatre mois plus tard, la nouvelle société repart avec quarante-neuf ouvriers. Le premier objectif était d'augmenter la productivité, de ce point de vue les premiers résultats se font sentir. Le second : de percer à l'exportation, c'est évidemment plus difficile. Un important client américain est déjà en vue mais la partie est loin d'être gagnée. Le marché italien s'est rétréci, les Japonais nous concurrencent aussi dans la porcelaine, en particulier en Amérique. Il faut dire que l'industrie de la porcelaine traverse, à l'heure actuelle, une mauvaise passe. Les observateurs les plus pessimistes craignent des centaines de licenciements dans ce secteur d'ici la fin de l'année. Pour savoir di ces craintes étaient fondées, nous avons interrogé deux professionnels après le salon Bijorca qui est la vitrine parisienne des porcelainiers.

Fouquet

Je pense que le salon a été difficile, qu'il est nécessaire de faire des nouveautés. Le client devient difficile sur la qualité, sur, en réclamant tout le temps de nouveaux articles.

Parlon

Il est certain qu'il y a une période assez difficile actuellement, parce qu'il y a eu un ralentissement des commandes dû à certaines baisses du pouvoir d'achat de la clientèle qui nous intéresse plus particulièrement dans nos modèles. Alors, devant cet état de fait, les porcelainiers de Limoges ont réagi assez sensiblement en étudiant des collections plus adaptées, et peut-être tout en gardant la renommée et la qualité de la porcelaine de Limoges, à des modèles plus simples qui puissent intéresser des couches de clientèle un peu plus vastes.

Christian Bélingard

Le haut de gamme, en voici l'exemple type : un service avec deux rues, réalisé à l'or fin, le tout incrusté et agrémenté de bleu de four. Le fin du fin, le raffinement suprême, mais à part quelques émirs d'Arabie, qui aujourd'hui achète ces modèles qui varient entre cinquante mille et soixante-dix mille francs ? A l'avenir, voici ce que les porcelainiers spécialisés dans les services de prestige proposeront à une clientèle plus large : sobriété avant toute chose, le retour à une usage plus quotidien du produit fabriqué. Et puis il y a un autre marché qui échappe à la crise, la porcelaine de fantaisie, le culinaire, voire même certains articles funéraires. Mais il n'est pas facile de mélanger les genres, la plupart des fabricants sont toujours réticents à diversifier la gagne.

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