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La porcelaine de Limoges
1983-09-17
(Fiche média : 03045)
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Des difficultés, on en parle aussi beaucoup à propos de la porcelaine de Limoges. Il en a été question au salon Bijorca qui vient de se tenir à Paris. Des rumeurs pessimistes circulaient depuis plusieurs mois à propos de l'emploi : des articles dans la presse nationale ont même décrit la porcelaine de Limoges comme une industrie en plein déclin. Nous avons voulu connaître les difficultés réelles rencontrées par les fabricants, c'est l'objet de l'enquête que [Christian Bélingard] vous propose.
Au printemps, les porcelaines industrielles du Limousin à Saint Yrieix qui employaient une centaine de salariés déposaient leur bilan. Quatre mois plus tard, la nouvelle société repart avec quarante-neuf ouvriers. Le premier objectif était d'augmenter la productivité, de ce point de vue les premiers résultats se font sentir. Le second : de percer à l'exportation, c'est évidemment plus difficile. Un important client américain est déjà en vue mais la partie est loin d'être gagnée. Le marché italien s'est rétréci, les Japonais nous concurrencent aussi dans la porcelaine, en particulier en Amérique. Il faut dire que l'industrie de la porcelaine traverse, à l'heure actuelle, une mauvaise passe. Les observateurs les plus pessimistes craignent des centaines de licenciements dans ce secteur d'ici la fin de l'année. Pour savoir di ces craintes étaient fondées, nous avons interrogé deux professionnels après le salon Bijorca qui est la vitrine parisienne des porcelainiers.
Je pense que le salon a été difficile, qu'il est nécessaire de faire des nouveautés. Le client devient difficile sur la qualité, sur, en réclamant tout le temps de nouveaux articles.
Il est certain qu'il y a une période assez difficile actuellement, parce qu'il y a eu un ralentissement des commandes dû à certaines baisses du pouvoir d'achat de la clientèle qui nous intéresse plus particulièrement dans nos modèles. Alors, devant cet état de fait, les porcelainiers de Limoges ont réagi assez sensiblement en étudiant des collections plus adaptées, et peut-être tout en gardant la renommée et la qualité de la porcelaine de Limoges, à des modèles plus simples qui puissent intéresser des couches de clientèle un peu plus vastes.
Le haut de gamme, en voici l'exemple type : un service avec deux rues, réalisé à l'or fin, le tout incrusté et agrémenté de bleu de four. Le fin du fin, le raffinement suprême, mais à part quelques émirs d'Arabie, qui aujourd'hui achète ces modèles qui varient entre cinquante mille et soixante-dix mille francs ? A l'avenir, voici ce que les porcelainiers spécialisés dans les services de prestige proposeront à une clientèle plus large : sobriété avant toute chose, le retour à une usage plus quotidien du produit fabriqué. Et puis il y a un autre marché qui échappe à la crise, la porcelaine de fantaisie, le culinaire, voire même certains articles funéraires. Mais il n'est pas facile de mélanger les genres, la plupart des fabricants sont toujours réticents à diversifier la gagne.