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Le tremblement terre de Kobe : la question du risque dans les sociétés technologiques
1995-01-17
(Fiche média : 01480)
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Et disparu...
Madame, Monsieur, bonjour, c'est le tremblement de terre le plus meurtrier au Japon depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale dans un pays où l'on est pourtant habitué à des alertes sismiques régulières. Ce tremblement de terre, de 7,2 sur l'échelle de Richter, a surpris les spécialistes, il est survenu là où l'on ne l'attendait pas, à Kobe, une ville portuaire d'un million et demi d'habitants. Patrice Romedennel.
Kobe, 5h46 du matin, une seconde de 40 secondes accompagnée d'un grognement de tonnerre, magnitude 7,2 sur l'échelle de Richter. Comme toujours après un séisme de forte amplitude, les Japonais se réveillent au pied d'un mur de flammes, partout dans la ville éclate des incendies attisés par des gaz qui s'échappent des conduites éventrées, alimentés aussi par le Kérosène dont disposent les foyers nippons pour se chauffer. Les volutes de fumée se dissipent sur Kobe et la lumière du jour naissant révèle une ville plongée dans le chaos. Vu du ciel, Kobe figure une maquette saccadée parcourue par une autoroute aérienne que le séisme à jeter à terre comme un ruban de béton. Jamais depuis un demi-siècle, le Japon n'a enregistré pareil tremblement de terre. Cet autocar transportant des skieurs s'est immobilisé in extremis les roues avant dans le vide. Moins chanceux, les lève tôt, automobilistes ou usagers des transports en commun, la plupart d'entre eux figurent parmi les 1600 morts ou disparus ou les 3500 blessés qu'annonce un bilan provisoire. Aux heures de pointe, disent les sismologues, les victimes se seraient comptées par dizaine de milliers. Plus de 2000 bâtiments détruits dans la seule ville de Kobe ou même certains immeubles modernes répondant à des normes antisismiques sévères n'ont pas résisté. Quant-aux autres maisons... Ce sont des maisons traditionnelles constituées d'un mélange de bois et de torchis, le séisme en a fait un tas de débris compact. A Kobe comme à Kyoto ou Osaka, la seconde ville du Japon où la secousse a également provoqué des dégâts, aucun mouvement de panique dans la population. Les Japonais participent régulièrement à des séances d'entraînement en prévision des tremblements de terre, ainsi les secours s'organisent en dépit des gravas qui obstruent les rues, malgré l'absence d'électricité et la coupure de certaines lignes téléphoniques. Seul réconfort pour Kobe, cette ville d'un million 400 000 habitants qui surplombe la baie d'Osaka. Le séisme n'a pas donné lieu à une alerte au Tsunami, le raz-de-marée qui il y a près d'un siècle avait provoqué la mort de 27 000 personnes.