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Manifestation à Paris le 1er mai 2002 contre Jean-Marie Le Pen
2002-05-01
(Fiche média : 01101)
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Bonsoir à tous, merci de votre attention. L'image de ce 1er mai. Pour commencer, cette foule immense dans les rues de Paris autour de la Place de la Nation, 400 000 personnes selon la police, 900 000 selon les organisateurs, foule compacte, compressée même au départ de la manifestation en début d'après-midi. On a noté plusieurs évanouissements. Le cortège a du être scindé et réparti sur plusieurs itinéraires. De mémoire de parisien, c'est le défilé le plus imposant depuis la grande manifestation pour l'école libre en 1984. Une mobilisation qui va bien au-delà des prévisions et dans une ambiance bon enfant. Qui sont ces manifestants au milieu du cortège ? Reportage Martin Gouesse et Abdel Zoueche.
Une véritable marée humaine de République à Nation, une vague qui dit non à Le Pen. Plus de 400 000 personnes qui se retrouvent dans une ambiance bon enfant. Malgré les orchestres, on est pas là pour la fête, on est venu de 7 à 77 ans, on est venu en famille pour ses enfants.
(Musique)
Pour que eux, ils sachent les valeurs qui nous ont été apportées par nos parents.
«C'est pas les immigrés, c'est pas les sans-papiers, c'est Le Pen qu'il faut virer...»
Les slogans sont connus, depuis le 21 avril, mais personne n'oublie que c'est dimanche prochain que tout se joue. Il était important d'être aujourd'hui dans la rue.
Très, très important.
Aussi important que d'aller voter.
Ce qui est important, c'est aujourd'hui ou dimanche ? Pour nous, c'est dimanche. Pour nous, c'est dimanche.
Les drapeaux français cotoient les banderolles faites à la maison. Il fallait mettre la main à la patte et ne pas laisser les syndicats seuls en première ligne.
On va s'intégrer après, on attend de laisser passer les syndicats et on s'intègre après.
Une foule black, blanc, beur, à 4 jours du second tour après le séisme, beaucoup espéraient ce sursaut républicain.
Avec ce monde, je suis rassuré, ce monde ne pourra que mieux se passer.
Le 1er mai, c'est traditionnellement la fête du travail. Face à l'extrême droite, le 1er mai 2002, restera la fête de la fraternité.
Place de la Nation, on retrouve en direct Pascal Doucet-Bon. Bonsoir Pascal, la dispersion n'est toujours pas achevée, l'ambiance reste paisible.
Oui, l'ambiance est très paisible, bon enfant, vous entendez derrière moi de la musique, de la musique de toute sorte, de la musique techno, des tam-tam. Les gens sont venus en famille, vous pouvez le voir autour de moi, la dispersion se fait lentement. Mais vous savez que les derniers manifestants n'ont quitté la place de la République qu'il y a une heure environ. Alors il y a quelques minutes, nous avons fait la connaissance de quelques manifestants rencontrés au hasard. Bonjour, est-ce que vous pouvez tout d'abord m'expliquer ce que vous faites ici, tout simplement ?
Ce que je fais ici, je suis là pour défendre, pour me battre, pour la différence. Cette différence qui fait tant peur aux gens, aux électeurs du Front national. Et une chose à leur dire, c'est que ces électeurs, qui acceptent ces différences, c'est une force, c'est une force pour notre pays et c'est dans cette différence qu'on va construire un beau pays et pas dans la haine comme le prouve et l'amène le Front National aujourd'hui.
Est-ce que vous avez déjà manifesté un 1er mai ?
Non, jamais, jamais, jamais. C'est la première fois, c'est la première vraie manifestation pour une vraie cause.
J'avais une question également pour Valérie. Valérie, est-ce que, il y a pas un risque avec ce genre de manifestation, d'énerver les éventuels électeurs du Front, d'énerver les abstentionnistes, de stigmatiser systématiquement ?
Je crois pas, pourquoi les énerver, non ? A partir du moment où on dit les choses clairement, on dit, on veut pas de Le Pen. Je crois que c'est aussi une leçon de civisme pour tout le monde, il faut voter, c'est important. Voilà, il faut pas s'énerver, on peut toujours discuter des choses. Si ils ont envie de venir discuter, moi j'ai pas de soucis, on peut discuter de tout ce qu'ils veulent. Du programme de Le Pen avec lequel je peux pas être d'accord, on peut discuter de la Démocratie, on peut discuter de l'avenir de la France. Y a pas de raison d'énerver les gens, on est pas là pour ça.
On est là pour simplement non, il y a des choses avec lesquelles on peut pas être d'accord. Voilà.
Voilà, David, on va essayer de trouver d'autres interlocuteurs un peu plus tard dans ce journal, à tout à l'heure.