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L'abbé Pierre lance son appel en faveur des sans-logis
1954-02-04
(Fiche média : 01021)
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(Musique)
C'est l'hiver, thermomètre à -15 et la Marne gelée aux portes de Paris, l'hiver terrible, l'hiver tragique et dans cet hiver, des hommes qui dorment sur les bouches du métro. On avait oublié que ça existe, l'hiver, pour les sans-logis, c'est pour s'en souvenir qu'il faut voir «la Pomponnette», la cité de l'Abbé Pierre. Ce village de roulottes et de cabanes où des gens vivent parce qu'une cabane à courant d'air où l'on casse la glace le matin, c'est quand même un toit. C'est là que l'autre jour un nouveau-né est mort de froid et c'est dans cette roulotte qu'hier par -10, un autre enfant est né. On saura maintenant que ça existe, même l'hiver, les sans-logis. C'est pour cela que l'Abbé Pierre a appelé tous ceux qui ont un toit, à l'aider à sauver du froid de la longue nuit d'hiver, ceux qui n'en ont pas. Et il a eu du monde a son rendez-vous du Panthéon. Dès le soir, les paquets de couvertures, de vêtements affluaient et ce ne sont pas seulement des riches qui ont donné quelque chose. Et la nuit, l'Abbé Pierre et ses compagnons, s'en sont allés ramasser tous ceux qui dans les rues traînent jusqu'au matin, parce qu'il n'a pas de maison. Rue de la Montagne Sainte-Geneviève, une tente de toile sera leur abri. Abri précaire mais abri tout de même. Sans l'Abbé Pierre, il n'y en aurait pas ! Chaque nuit, a t-il dit, ils sont plus de 2000, recroquevillés sous le gel, à la rue, sans toit, sans pain, plus d'un, presque nus. On n'y avait pas pensé ! Il a fallu ce fou d'Abbé Pierre pour nous en faire souvenir ! Mais maintenant, il ne faut plus l'oublier.