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Sándor Márai, Mémoires de Hongrie09 février 2005
(Fiche média : 00333)
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Redécouvert il y a une dizaine d'années, Sándor Márai est revenu en pleine lumière quand Claude Rich a adapté et interprété sur scène, son roman Les Braises. Et pourtant quelle gloire avait été celle de cet écrivain hongrois né en 1900 dans une famille de la bonne bourgeoisie. On lisait à travers tout le vieux continent les merveilleux romans de ce lettré accompli d'une Europe Centrale ébloui par les sortilèges de Vienne, de Berlin, de Budapest. Vinrent le nazisme puis le communisme, Sándor Márai choisit l'exil. Ses Mémoires de Hongrie viennent d'être traduites en français chez Albin Michel, mais Márai aurait parfaitement pu les écrire dans notre langue qu'il possédait parfaitement. En route, il s'arrête à Paris en 1948, mais il n'y retrouve guère la ferveur littéraire entrevue avant la guerre. Alors, il poursuit sa route vers l'ouest, et s'embarque pour les Etats-Unis. C'est là qu'il s'est donné la mort, il y a 15 ans, quasi nonagénaire. Quel styliste magnifique qui savait parfaitement confronter son histoire personnelle et celle du peuple hongrois. Il a vécu l'invasion de son pays par l'Allemagne, puis sa libération entre guillemets par les Russes, entre les 2 guerres, 2 différences, sinon que les Soviétiques vénèrent les écrivains, ce qui permet à Márai de poursuivre son oeuvre et de se souvenir du passé glorieux de son pays, à l'époque de l'Autriche-Hongrie mise à bas par le traité de Trianon. Nous autres Français, nous connaissons le Traité de Versailles qui dépeça l'Autriche. Trianon fit de même pour la Hongrie. « Les poètes, cette richesse hongroise, ont continué d'écrire, il faut bien repartir. » conclut un Márai désormais dépourvu de toute illusion.
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