Suzanne Valadon, La Chambre bleue, 1923 [œuvre exposée]

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Suzanne Valadon, <i>La Chambre bleue</i>, 1923 [œuvre exposée]
Suzanne Valadon, <i>La Chambre bleue</i>, 1923 [œuvre exposée]

Suzanne Valadon, La Chambre bleue, 1923 [œuvre exposée]

Notice

Huile sur toile

90x116 cm

Achat de l'État, 1924 - attribution, 1924

LUX.1506 P

© Domaine public

© Collection Centre Pompidou, Dist. RMN [Photographie: Jacqueline Hyde]

Thèmes

  • Art > Arts plastiques > Peinture
  • Artistes

    Valadon, Suzanne

    Plan de l'exposition

  • Pionnières > Salle 1: Réflexives
  • Eclairage

    Suzanne Valadon

    Bessines-sur-Gartempe (France), 1865 -? Paris (France), 1938

    Dans les années 1880-1885, Suzanne Valadon pose comme modèle, sous le sobriquet de « Maria la terrible », pour Puvis de Chavannes, Renoir, Toulouse-Lautrec et, à leur contact, apprend la peinture. Toulouse-Lautrec la pousse à montrer son travail à Degas qui l'encourage à poursuivre et lui enseigne la gravure. En 1909, déjà âgée d'une quarantaine d'années, elle rencontre par l'intermédiaire de son fils, Maurice Utrillo, le jeune peintre André Utter, – il a vingt-quatre ans – dont elle s'éprend. Les années qui suivent marquent alors un tournant important dans la carrière de Valadon ; elle abandonne le dessin pour se consacrer à la peinture, tout en restant attachée à l'étude académique du corps. Mais les frasques célèbres de Suzanne Valadon (ses amants, ses fracassantes ruptures amoureuses, son fils alcoolique) ont occulté l'originalité de sa carrière. D'origine modeste, elle développe une oeuvre à une époque où l'espace des femmes de sa condition sociale se réduit aux intérieurs domestiques. Son apprentissage est fait de croquis de scènes quotidiennes, des travailleurs de la rue, de petites gens, et ses modèles sont plus souvent des membres de son entourage que des professionnels.

    L'odalisque de La Chambre bleue, 1923 reprend un poncif pictural pour le reformuler. La femme allongée sur le lit n'est pas dénudée, mais habillée, non pas à l'orientale comme les odalisques de Matisse, mais comme une femme moderne. Sa chemisette à bretelles, son pyjama rayé n'évoquent pas seulement l'érotisme ou l'attente sexuelle mais également le repos d'un corps dans le confort de vêtements larges et colorés, qui affirment une volonté de modernité. Le détail de la cigarette, ostensiblement fichée dans la bouche, caractérise alors les femmes de petite vertu. Cette modernité s'attache ici à la représentation d'une femme mûre, aux mains épaisses, au corps las et pesant, aux seins lourds. Selon Valadon, « il faut avoir le courage de regarder le modèle en face si l'ont veut atteindre l'âme. Ne m'amenez jamais pour peindre une femme qui cherche l'aimable ou le joli, je la décevrai tout de suite. »

    Nathalie Ernoult, extraits de notices dans Collection Art moderne du Centre Pompidou, Musée national d'art moderne, Paris, éditions du Centre Pompidou, 2006.

    « Formation :

    Libre – Talent inné, exceptionnellement doué

    Principales étapes de la vie artistiques :

    Dessina dès 1883, ses débuts, comme une enragée, non pour faire de beaux dessins pour être encadrés, mais de bon dessins pour suspendre un instant de vie, en mouvement, tout en intensité.

    J'ai dessiné follement pour que, quand je n'aurais plus d'yeux, j'en aie au bout des doigts. »

    Suzanne Valadon à Germain Bazin, dans « Questionnaire pour une histoire de l'art contemporain ». Repris dans Suzanne Valadon, cat. expo., Martigny, Fondation Pierre Gianadda, 26 janvier-27 mai 1996, p. 156.