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Discours de Brazzaville
30 janvier 1944
(Fiche média : 00311)
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Déjà, au moment où commençait la présente Guerre mondiale, apparaissait la nécessité de placer, sur des bases nouvelles, les conditions de la mise en valeur de nos territoires africains : celles du progrès des hommes qui vivent et celles aussi de l'exercice de la souveraineté française. Est-il besoin de dire que la guerre présente n'a fait que précipiter l'évolution ? D'abord parce qu'elle est, elle fut, jusqu'à ces derniers jours, en grande partie une guerre africaine. Ensuite, et surtout, parce que l'enjeu de cette guerre, c'est, en réalité, la condition de l'Homme. Et que sous l'action des puissances psychiques qu'elle a, partout, déclenché, il n'y a pas une population, il n'y a pas un homme, dans le monde, qui, aujourd'hui, ne lève la tête, ne regarde au-delà du jour et n'interroge son destin. Parmi les puissances impériales, aucune puissance impériale plus que la France ne peut sentir cet appel-là. Aucune ne sent la nécessité de s'inspirer plus profondément des leçons des événements pour engager, sur les chemins des temps nouveaux, les soixante millions d'hommes qui sont liés au sort de ces quarante deux millions d'enfants. Aucune puissance, dis-je, plus que la France elle-même. En premier lieu et tout simplement parce qu'elle est la France, c'est-à-dire la nation dont le génie est comme destiné à élever, pas à pas, les hommes vers les sommets de la dignité et de la fraternité, où tous pourront s'unir un jour. Et aussi parce que dans l'extrémité où la France s'est trouvée refoulée par une défaite du moment dans la métropole, elle a trouvé, dans ses territoires d'outremer, le refuge, le recours. Et maintenant, la base de départ de sa libération est que cela a créé entre elle-même et son empire un lien définitif.