Au lendemain de l'election présidentielle et à la veille d'une rencontre des syndicats avec François Mitterrand, Henri KRASUCKI, numéro deux de la CGT, se satisfait de la situation : son syndicat est en position de négocier de façon constructive avec le gouvernement qu'il a soutenu et qui vient d'être élu. Interrogé par Jacques Merlino, Henri Krasucki explique que la CGT va rencontrrer François Mitterrand le lendemain et qu'il evitera d'être trop précis sur ses propositions qu'il développe néanmoins tout au long de son intervention : augmentation necessaire et immédiate du SMIC, revalorisation des bas salaires, réduction des trop gros écarts de salaires (il refuse de donner des chiffres), lutter contre le chomage en créant des emplois dans des branches volontairement mises à l'écart par le précédent gouvernement (industrie textile, charbonnage, metallurgie) et pourtant viables, créer des emplois dans le service public, réduire le temps de travail pour aboutir à la semaine à 35 heures de façon progressive (avec réunion sur un plan national entre gouvernement, patronat et syndicat), améliorer les situations précaires, améliorer le droit du travail. Il déclare que les rapports sociaux ont déjà changé dans certaines entreprises depuis le 10 mai mais qu'il faut que les travailleurs prennent confiance en eux face au patronat.