Deuxième partie de l'entretien avec Marcel BLUWAL, qui revient sur son parcours professionnel et personnel.Marcel BLUWAL évoque son engagement politique et syndicaliste dans le milieu de la télévision des années de Gaulle. Différentes sensibilités existaient chez les réalisateurs, explique-t-il, et cela se retrouvait dans leur travail : une tendance historique chez certains et une sociale chez d'autres (la sienne). Il se souvient avoir reçu la palme d'or du film de télévision à Cannes en 1960 pour "La Surprise" qu'il avait tourné en trois jours. Ce prix n'a existé que deux ans. Sur le rang des lauréats, il était assis entre Federico FELLINI et Michelangelo ANTONIONI.Marcel BLUWAL raconte comment après la relecture des Classiques, en parallèle à son itinéraire politique, il a décidé de mettre en scène "Dom Juan". Il parle de Claude CONTAMINE qui voulait faire entrer la télévision dans son ère industrielle et modelée selon le goût du téléspectateur. Malgré tout, Claude CONTAMINE accepta que Marcel BLUWAL réalise "Dom Juan". Le film fut tourné en 35 mm grâce à un mensonge dont il s'explique. Il parle du tournage et de ses choix de mise en scène, de Michel PICCOLI qui ne voulait pas le faire, de la réaction de Claude CONTAMINE quand il a vu le film. Les réactions dans la presse, le public, à l'université, son brutal statut de "gourou". C'est à ce moment que Marcel BLUWAL a décidé de faire "Vidocq". Un feuilleton au succès phénoménal qui, dit-il, était totalement inattendu. Il parle aussi des deux oeuvres de Marivaux qu'il a mises en scène : "Le Jeu de l'amour et du hasard" et "La Double inconstance", des documentaires qu'il a réalisés. Comme deux numéros des "Femmes aussi", l'un sur la misère de la vieillesse à Nice ; l'autre sur le divorce des femmes à 40 ans. Puis Marcel BLUWAL évoque Mai 68. La période s'est terminée par son éviction, mais il a très vite été repris. Il a alors tourné "Les Frères Karamazov" et une nouvelle série de "Vidocq" avec Pierre BRASSEUR à la place de Bernard NOEL. Nouveau succès. Entre les deux séries, il a adhéré au PCF et fait "Les Misérables" à l'ORTF, un film sur Rosa Luxembourg qui a été interdit. Marcel BLUWAL est aussi beaucoup allé en Allemagne. Là-bas il a mis en scène de nombreux opéras, en parallèle à sa carrière de réalisateur en France. Il a monté "Lulu" de Frank WEDEKIND ou "Dernière bande" de Samuel BECKETT. Il s'est beaucoup intéressé à Mozart, dont il a mis la vie en scène et qu'il compare à Molière. L'entretien se termine par l'opinion du réalisateur sur la télévision moderne.