Le 12 juillet 1998, l'équipe de France, parvenue en finale de la Coupe de monde de football organisée depuis le 10 juin sur le sol français, bat le Brésil 3 à 0 au Stade de France à Saint-Denis. C'est la première fois depuis sa création qu'elle remporte ce titre mondial.
Cette victoire provoque un enthousiasme populaire extraordinaire. Des rassemblements sans précédent ont ainsi lieu dès le coup sifflet mettant fin au match dans toutes les villes françaises, et plus particulièrement à Paris, sur les Champs-Elysées : dans la nuit du 12 juillet, 1,5 million de personnes y déferlent pour fêter la victoire, ce qui apparaît comme le plus grand rassemblement populaire sur cette avenue depuis le défilé du général de Gaulle à la Libération, le 26 août 1944. Le lendemain 13 juillet, les vainqueurs, promus héros nationaux, sont célébrés dans une liesse identique sur les Champs-Elysées par quelque 500 000 supporters. Au-delà du résultat sportif, cet événement semble provoquer un sentiment de confiance dans tout le pays par l'unanimisme qu'il suscite.
De nombreux commentateurs voient ainsi dans cette victoire, et dans la célébration qui la suit, le symbole triomphant d'une France «black, blanc, beur», à l'image des joueurs de l'équipe de France aux origines très différentes, au premier rang desquels Zinedine Zidane dont les parents viennent d'Algérie. Le président de la République Jacques Chirac, qui reçoit les joueurs de l'équipe de France lors de la réception du 14 juillet à l'Elysée, évoque de la sorte une «équipe à la fois tricolore et multicolore» qui «donne une belle image de la France, dans ce qu'elle a d'humaniste et de fort».