Face à la crise pétrolière, le choix est fait en mars 1974 de développer l'énergie nucléaire qui ne représentait en 1972 que 3% de l'énergie totale consommée en France. En février 1975, un programme décennal fixe l'objectif d'atteindre 68% des besoins français en électricité - objectif qui ne fut pas pleinement atteint puisqu'en 1985 moins de 50% de la consommation électrique était d'origine nucléaire. Mais cette volonté de développer l'énergie nucléaire et de construire des centrales suscita rapidement une forte contestation en raison de ses dangers potentiels.
Dès son annonce, 400 scientifiques mettent en cause ce programme nucléaire, tandis qu'émerge un important mouvement antinucléaire mené par des pionniers de l'écologie. Les choix d'emplacement pour la construction d'une centrale nucléaire suscitent dès lors presque systématiquement des manifestations d'hostilité. Cette contestation se focalise tout particulièrement sur la construction du surgénérateur nucléaire Superphénix sur le site de Malville, dans la commune iséroise de Creys, décidé par le gouvernement Chirac en avril 1976. Des «comités Malville» se forment, hostiles au surgénérateur qui doit utiliser du plutonium.
Une grande manifestation est organisée les 30 et 31 juillet 1977 à proximité du chantier, mobilisant des milliers de personnes contre l'implantation de la centrale. Le 31 juillet, des incidents graves mettent aux prises forces de l'ordre et certains manifestants, provoquant la mort d'un militant, victime d'une grenade offensive, et une centaine de blessés dans les deux rangs. Le Premier ministre Lionel Jospin annonce finalement en juin 1997 l'arrêt du surgénérateur Superphénix, qui, en onze années d'existence, n'a jamais pu fonctionner plus de six mois consécutifs sans incident.