A partir du milieu des années 1970, le chômage s'enracine dans la société française et les politiques économiques semblent incapables d'enrayer sa progression. Pour lutter contre la crise économique survenue en France en 1973, à la suite du premier choc pétrolier, et relancer l'emploi, le gouvernement de Jacques Chirac décide d'appliquer au cours de l'année 1975 une politique de relance keynésienne.
Le «plan de soutien à l'économie», dont les mesures sont appliquées entre l'automne 1975 et le printemps 1976, consistait à augmenter les dépenses budgétaires afin de relancer la demande et la production : 20,9 milliards de crédits budgétaires sont destinés à aider les familles et les personnes âgées, à renforcer les investissements de l'Etat dans le domaine des équipements publics et industriels, et 9,6 milliards d'aide à la trésorerie des entreprises. Les effets de ce plan de relance furent indéniables sur le plan de l'activité économique : le PIB de la France augmente de 4 % environ au cours de l'année 1976.
Mais cette reprise de l'activité n'a eu aucune répercussion positive sur le chômage. Le nombre de demandeurs d'emplois en France ne redescend pas sous la barre du million, qui avait été atteinte au début de l'année 1975. Pour la première fois, on pouvait ainsi constater que la reprise économique ne signifiait pas obligatoirement la reprise de l'embauche. Cet échec démontre la difficulté de lutter contre une crise d'un type nouveau, dont la manifestation essentielle constitue le phénomène de la stagflation (inflation et chômage évoluent de pair), par des méthodes keynésiennes classiques. Il démontre également que le phénomène du chômage répond désormais davantage à des facteurs structurels (mutations profondes de l'appareil productif et de la société française) que conjoncturels (simple ralentissement de l'activité économique).