Au début des années 1980, le monopole de l'Etat sur la télévision commence à être remis en cause progressivement. Un an après la fondation de Canal +, François Miterrand annonce, à la surprise générale, la fondation d'une chaine privée confiée à des entrepreneurs proches du Gouvernement (4 janvier 1985). Le 20 novembre, la Cinq est confiée à Seydoux, Riboud et Berlusconi, le 28 Janvier 1986, la Six est concédée à Publicis-NRJ-Gaumont.
En mars 1986, le gouvernement de Jacques Chirac fait de la télévision le symbole de son néo-libéralisme, promettant un réel "désengagement de l'Etat". Chirac est toutefois moins partisan de la libéralisation de la télévision que son ministre de la Culture et de la Communication, François Léotard, qui voudrait ne laisser qu'une seule chaine publique. Le 14 mai, c'est TF1 qui est privatisée, à la place de FR3, car la chaine est estimée plus à gauche. Cas unique dans l'histoire des télévisions occidentales, la privatisation d'une chaine publique provoque étonnamment peu de remous. Le prix de vente de TF1 (4,5 milliards de francs) est fixé par le ministre des Finances, Edouard Balladur, et c'est le groupe de Francis Bouygues, issu de l'industrie du bâtiment, qui paraît plus solide que Lagardère et Hachette pour devenir le premier opérateur de TF1 pour dix ans.
Francis Bouygues a conscience du pouvoir d'influence de la télévision et il apprend vite à le maîtriser : sans faire travailler ses journalistes comme des contremaîtres d'un chantier, il resserre les liens entre composantes de son groupe, décroche des marchés fabuleux et soutient certains hommes politiques tel Michel Noir en 1990. A sa mort en 1993, c'est son plus jeune fils, Martin qui reprend les commandes de la chaîne.