Le 13 avril dernier, un non lieu a été prononcé à l'égard de Paul TOUVIER. Pour débattre de cette douloureuse époque Christine OCKRENT a réuni : Simone VEIL, André FROSSARD, Alain GRIOTTERAY, René RÉMOND, Henri ROUSSEAU, Maître Jacques VERGES, Jean-François KAHN, Jorge SEMPRUN. - Diffusion d'images d'archives sur l'après guerre, le régime de Vichy, les procès de BARBIE et TOUVIER. - Après avoir souligné le profond dégoût éprouvé par la France au lendemain du verdict de non lieu, le débat porte sur le rôle des historiens, la nécessité d'un travail scientifique pour éviter de fabriquer une autre histoire. Il y a souvent méconnaissance de certains aspects de cette époque qui ne doit pas être travaillée comme un bloc, cette tache indélébile de l'histoire de la France doit être décortiquée pour faciliter la prise de conscience et résoudre le problème de mémoire collective française. - La deuxième partie du débat aborde la notion de crime contre l'humanité. Sujet de Martine Salvador rappelant les français passibles d'accusation de crimes contre l'humanité : Touvier, Bousquet, Papon. Cette notion est récente, les lacunes de l'histoire ne sont pas comblées, la justice est confrontée à une révision de l'histoire, le terme de déporté englobe les politiques et les raciaux, les résistants sont oubliés, une gerbe est déposée chaque année sur la tombe de Pétain. - La troisième partie du débat s'intéresse à la réaction des générations d'aujourd'hui. Reportage dans un lycée français, interviews des jeunes après la diffusion de "Nuit et brouillard". Ils demandent la lumière sur Vichy, accepte d'assumer l'histoire mais ils veulent la vérité, enfin ils se posent des questions sur la magistrature française. Les débatteurs trouvent réconfortant l'attitude de ces jeunes. Verges explique la logique juridique qui peut heurter les âmes passionnées. Il s'agit d'un problème de morale, le travail des enseignants est important pour la mémoire. Simone Veil conclue l'émission en rappelant les principes de la tolérance, l'importance de la mémoire, mais elle est coupée par la pub.