Le gouvernement d'Afrique du Sud pratique la séparation de ses habitants en fonction de leur couleur de peau, c'est le régime de l'apartheid, qui sévit depuis le début du siècle et s'est renforcé après 1945. Nelson Mandela s'oppose à cette ségrégation : arrêté en 1963, il est accusé de complot contre le régime pour renverser par la violence le gouvernement de Pretoria. Lors de son procès à Rivonia, du 9 octobre 1963 au 12 juin 1964, Mandela a l'occasion de prendre la parole pendant quatre heures pour exposer sa défense : son plaidoyer lui permet d'exposer les raisons de son engagement dans l'ANC, et d'exprimer sa foi dans la construction d'une société libre et démocratique. Ce discours reçoit une publicité très large dans les médias nationaux et internationaux, ce qui n'empêche pas la condamnation de Mandela le 12 juin 1964 à la prison à perpétuité.
L'opposition au régime de l'apartheid se poursuit pourtant : dans les années 1970, dans les banlieues noires, les jeunes se mobilisent ; l'Afrique du Sud est mise au ban des nations pour sa politique raciste, et une campagne pour la libération de Mandela, le prisonnier politique le plus ancien au monde débute dans les années 1980. Surtout, la fin de la guerre froide et la chute du mur de Berlin achèvent d'isoler le régime de Pretoria qui ne peut plus se présenter auprès des Etats-Unis comme un allié utile contre l'expansion du communisme soviétique. Le président Frederik de Klerk a besoin d'un interlocuteur pour négocier, éviter l'explosion de l'Afrique du Sud et la naissance d'une guerre civile.
L'ANC de Nelson Mandela n'apparaît plus comme le représentant du communisme, il peut être un interlocuteur valable. Le 11 février 1990, Mandela est donc libéré. Les négociations pour mettre fin à l'apartheid commencent, et les deux hommes signent en septembre 1992 un accord créant une assemblée constitutionnelle pour rédiger une nouvelle constitution et servir de gouvernement de transition. En 1993, Mandela et De Klerk obtiennent conjointement le prix Nobel de la paix.