La communauté internationale prend progressivement conscience du réchauffement climatique de la planète et de la nécessité d'une action internationale globale. A cet égard, la conférence de Kyoto qui réunit 159 pays en décembre 1997, constitue une avancée majeure. En effet, le protocole signé à Kyoto prévoit à l'horizon de 2012 une réduction moyenne de 5,2% de l'émission des six principaux gaz à effet de serre pour les pays industrialisés. A l'inverse, il ne fixe pas d'objectifs pour les pays en voie de développement, mais propose le financement de mécanismes de développement propre.
Les limites de l'accord sont patentes. Les objectifs fixés sont faibles, un tiers seulement des émissions mondiales sont couvertes par l'accord et les principaux émetteurs ne sont pas soumis à l'accord ou ne l'ont pas ratifié (Etats-Unis, Chine et Inde). Toutefois, il constitue un premier pas essentiel. L'action de l'Europe permet en effet de démontrer la possibilité de mettre en place une politique climatique globale.
Depuis, la prise de conscience du réchauffement climatique s'est accrue. Le rapport Stern fourni au gouvernement britannique en novembre 2006 et le 4ème rapport du groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat publié en février 2007 attestent à la fois de l'existence d'un réchauffement climatique et de son imputabilité aux activités humaines. Les experts estiment en outre que pour limiter le réchauffement climatique à 2 degrés Celsius, l'humanité doit diviser par 2 ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050, ce qui implique une division par 3 ou 4 pour les pays développés, les pays émergents étant quant à eux censés stabiliser leurs émissions. En 2003, Jacques Chirac, président français, s'est engagé à diviser par 4 les émissions nationales de gaz à effet de serre d'ici à 2050.
Parallèlement, l'action collective se renforce. La conférence de Montréal en 2005 et celle de Nairobi en 2007 réaffirment la nécessité d'un processus global de lutte contre le changement climatique. La communauté internationale réunie à Bali en décembre 2007 négocie la fixation de nouveaux objectifs, au delà de 2012, date limite d'application du protocole de Kyoto. Elle s'interroge également sur une plus grande implication des pays en voie de développement. Si l'objectif de croissance, reste toujours considéré comme prioritaire, ces derniers, plus vulnérables encore que les pays développés, seront en effet très concernés par les conséquences économiques et humaines du réchauffement climatique.