Depuis la création du mouvement du 22 mars 1968 à l'université de Nanterre, la mobilisation étudiante n'a pas cessé : le 2 mai, alors que les cours ne sont plus assurés, le Doyen de la Faculté des lettres décide de fermer les locaux. La situation n'inquiète pas le pouvoir politique et le Premier ministre, Georges Pompidou, décide de maintenir son voyage en Afghanistan : il s'envole le même jour.
Mais le mouvement, bloqué à Nanterre, quitte la banlieue et se transporte au c?ur de la capitale, à la Sorbonne. Le 3 mai, la cour de l'université parisienne est occupée par les Nanterrois, qui sont évacués par la police à la demande du recteur d'Académie : 500 étudiants sont interpellés et quelques-uns incarcérés. Cette répression virulente déchaîne la colère des étudiants qui réclament la libération de leurs camarades, et une première nuit de violences secoue la capitale.
La situation continue de dégénérer pendant la semaine, opposant de plus en plus violemment forces de l'ordre et étudiants. Après une nuit des barricades particulièrement violente dans la nuit du 10 au 11 mai, les syndicats appellent à la grève générale le 13 mai : le mai des étudiants devient alors un mouvement social marqué par des grèves dans les entreprises. La situation échappe de plus en plus au pouvoir politique.