Niki Lauda, l'ancien pilote de formule 1, hospitalisé depuis douze jours se trouverait dans un état critique. Il venait de subir la greffe d'un poumon. Agé de 69 ans, l'ancien pilote de Formule 1, sacré champion du monde en 1975, 1977 et 1984, avait été durement touché au niveau des poumons lors de son terrible accident du 1er août 1976, où il avait failli perdre la vie et s'était retrouvé défiguré. Retour en images sur ce drame.

Ce 1er août 1976, après une deuxième saison consécutive de domination absolue sur les circuits, Niki Lauda, auréolé de son titre de champion du monde, acquis l'année précédente, semble invincible. Avant le Grand Prix d'Allemagne, il compte déjà 31 points d'avance sur Jody Scheckter et 35 sur James Hunt, ses rivaux.

Avant cet accident, en alliant rapidité et maîtrise de la course, il avait acquis le surnom "d'ordinateur"…

Ce jour-là, sur le tracé du Nürburgring, il part en pneus pluie. À l'issue du premier tour, il s'arrête au stand pour chausser les pneus slicks et repart dans le peloton. Au deuxième tour, dans le virage gauche serré de Bergwerk, pour une raison inconnue, il perd le contrôle de sa voiture qui frappe l'extérieur de la piste avant de rebondir en plein milieu de la trajectoire où elle est percutée par d'autres concurrents lancés à pleine vitesse. Dès le choc initial, le casque de Lauda est arraché et sa voiture s'embrase.

Quarante secondes vont s'écouler avant que l'ambulance n'arrive. Dans ce laps de temps, ce sont les pilotes, Arturo Merzario, Brett Lunger, Guy Edwards et Harald Ertl qui vont tenter d'éteindre les flammes. Sans leur intervention, Lauda n'aurait pas survécu.

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Malheureusement son casque brisé, ne lui a pas permis de se protéger de la chaleur et des émanations de l'incendie. Il est gravement brûlé au visage et défiguré, ses poumons sont particulièrement abîmés.  

Transporté à l'hôpital d'Adenau, Lauda est grièvement brûlé au visage mais les médecins sont surtout inquiets pour ses poumons car Niki a inhalé des vapeurs d'essence hautement toxiques et souffre de graves difficultés respiratoires. Son état est si critique qu'un prêtre est appelé à son chevet pour lui administrer les derniers sacrements. Pourtant, à peine six semaines plus tard, les brûlures de son visage encore vives, Lauda sera au départ du Grand Prix d'Italie qu'il termine à la quatrième place. Il sera à nouveau champion du monde en 1977 et 1984.

"Je n'ai pas besoin d'accroître mon avance, je cherche à la conserver"

Un an plus tôt, le 16 août 1975, à la veille du Grand Prix d'Allemagne, le pilote accordait une longue interview au magazine télé Auto Moto. Il n'avait alors que 26 ans et ne pilotait en Formule Un que depuis quatre ans. En 1974, embauché par l'écurie Ferrari, Niki Lauda s'était fait remarquer pour ses excellents temps aux essais et ses victoires dans deux grands prix. En 1975, il devient la révélation de l'année. Avec 17 points d'avance au classement, il a presque le titre mondial en poche.

A la veille du départ, alors qu'il vient de pulvériser le record des sept minutes sur le circuit du Nurburgring, à la descente de sa monoplace, le pilote autrichien accorde une longue à José Rosinsky : il explique qu'il ne renouvellera pas ses erreurs de l'année passée car les circonstances sont différentes et que lui aussi a changé. Alors qu'on lui reproche d'être trop prudent, il rétorque : "C'est ridicule, les risques, on les calcule à chaque situation."

Il évoque ensuite sa Ferrari. Quant à la chance, il assure ne pas y croire. Lauda évoque ses concurrents. Son idéal de vie est  de : "Faire ce que j'aime, continuer et avancer". Il affirme qu'une fois ses limites atteintes, il cessera de courir. Il continue en expliquant que ce qu'il déteste dans la vie "ce sont les intrigues". Il n'a pas de héros et ne cherche pas à copier quelqu'un : "Il faut mieux développer sa propre personnalité". Une femme en Formule 1 ? Cela ne le choquerait pas. Sur l'amitié, il plaisante en disant en avoir plus quand il gagne que quand il perd… S'il n'avait pas été pilote, il aurait aimé voler. L'argent ne compte pas vraiment, "c'est nécessaire pour vivre mais je ne veux pas devenir "un Onassis".

"Secret, travailleur acharné, il n'aime guère perdre de temps à se confier"…

José Rosinsky interroge ensuite son patron d'écurie, Luca Di Montezemolo qui considère Niki Lauda comme quelqu'un de sincère, "très bon metteur au point de voiture" mais il reconnait que sa personnalité peut paraître très froide.

Pour aller plus loin

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Niki Lauda en août 1975 au micro d'Auto Moto

En janvier 2015, l'émission Auto Moto de TF1 célébrait ses 40 ans. Le magazine couvrait l'actualité des sports mécaniques, essais exclusifs, découverte de modèles, ainsi que les grands événements. Retrouvez quelques-uns des meilleurs reportages, souvent impressionnants, toujours surprenants, parfois humoristiques. Roulez! 

Rédaction Ina le 03/08/2018 à 14:41. Dernière mise à jour le 03/08/2018 à 19:28.
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