Vivre durant l'apartheid

Redaction Ina le 24/05/2008 à 00:00. Dernière mise à jour le 22/06/2016 à 15:36.
Vie sociale
Vivre durant l'apartheid

Le 30 juin 1991, l’apartheid est officiellement aboli. Cette politique de « développement séparé » mise en place en 1948 par la minorité blanche d’Afrique du Sud va limiter les droits des Africains noirs durant presque cinquante ans. Retour en vidéos sur cette page sombre de l’histoire sud-africaine.

Un peuple au-dessus des autres

Apartheid : mot afrikaans qui signifie « développement séparé ». Il a ainsi nommé une politique de ségrégation menée en Afrique du Sud. Durant presque 50 ans, les populations sont distinguées selon des critères raciaux. Les Blancs (issus des anciens colons) sont nommés « Boers » ou « Afrikaans » et représentent seulement 21 % de la population sud-africaine. Pourtant, ils se placent au-dessus de la « hiérarchie » des peuples, aussi constitués d'Indiens (3 % de la population), de « coloured » (ou métis) et de Noirs (ou Bantous). Ces derniers composent la plus grande part de la population sud-africaine : ils sont 67 % au moment de la mise en place de l'apartheid.

Affectés dans des zones géographiques déterminées

Les lois de l'apartheid ont commencé à se mettre en place dès 1913. Elles ont été officialisées il y a 60 ans, le 26 mai 1948. D'abord par idéalisme.
 En effet, les Afrikaans mettent en avant des raisons de sécurité pour expliquer ce système, qui n'est à leur yeux que le seul moyen pour survivre en tant que groupe ethnique distinct. A cette époque, beaucoup de nationalistes Blancs pensent que l'apartheid laissera des chances aux Noirs. Mais, à aucun moment, les aspirations des Bantous ne sont prises en considération.

Des droits restreints

Aussi, les lois les plus restrictives et les plus grossières vont être régulièrement votées. Blancs et Noirs vivent dans des zones bien distinctes, selon la loi d'habitation séparée. Il est interdit à un employeur de donner à un travailleur africain le même salaire qu'à un Blanc. Les Africains n'ont aucun droit de grève et aucun accès à la formation professionnelle. Ils doivent présenter leur « carnet de référence » indiquant leur tribu, leur lieux d'habitation et de travail, leur relevé d'impôts, etc.

Feu ouvert sur 15 000 manifestants pacifistes

En 1960, une mobilisation nationale va se lever contre le port obligatoire de ce passeport intérieur. A Sharpeville (au sud de Johannesburg), 15 000 manifestants pacifistes entourent le commissariat et demandent à être arrêtés. En face, 75 policiers ouvrent le feu. Ce massacre marque pour toujours la mémoire des Noirs et va faire exploser leur colère.
 L'ANC (African National Congress) préconise l'emploi du boycott, de la résistance passive et de la grève. Suite à la tuerie de Sharpeville, les principaux leaders de ce groupe, dont un certain Nelson Mandela, passent en procès pour trahison. Toutefois, l'ANC multiplie ses actions. Elle deviennent de plus en plus violentes, surtout après les émeutes de Soweto en 1976. Cette année-là, de jeunes écoliers noirs qui manifestaient pour un accès égal à l'éducation, avaient été massacrés.

68 % des Blancs disent « non » à l'apartheid

Au milieu des années 80, la situation de l'Afrique du Sud est préoccupante. L'Etat n'arrive plus à contenir la rébellion interne et multiplie les désaccords de l'opinion internationale. Les Etats-Unis ne veulent plus investir dans un pays dont la bourse s'effondre. Cédant aux nécessités économiques, le gouvernement accepte alors la création des syndicats noirs.
 En 1989, le nouveau chef sud-africain, Frédérik De Klerk, sait combien il est urgent de sortir de la crise. Il libère alors Nelson Mandela et ses compagnons, et entame une série de négociations avec l'ANC.
 Le 17 mars 1992, les Blancs sont invités à se prononcer par référendum sur ces mesures: ils sont 68 % à mettre fin à l'apartheid.

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