Vieillir dans notre société

Redaction Ina le 13/06/2016 à 16:45. Dernière mise à jour le 15/06/2016 à 09:27.
Economie et société

A l'occasion de la journée de lutte contre la maltraitance des personnes âgées, focus sur l'évolution de la place des seniors et de leur prise en charge dans notre société.

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Partie de cartes dans une maison de retraite en 1973

L'augmentation de l'espérance de vie

La relation à la vieillesse et à son statut dans notre société a beaucoup évolué au cours du dernier siècle. À la fin du 19e siècle, l'espérance de vie était relativement courte et ne laissait espérer qu'un passage très bref sur notre belle planète. (45 ans en 1900).

Au cours du 20e siècle, elle est montée en flèche, notamment grâce aux progrès de la médecine et à la baisse de la mortalité infantile (15% des enfants nés en 1900 meurent avant un an, 5 % de ceux nés en 1950 et 0,3 % de ceux nés en 2012).

En 2012, l’espérance de vie en France atteignait 81,7 ans en moyenne (78,5 ans pour les hommes et 84,9 ans pour les femmes). Les Français étant les champions d'Europe de la longévité !

Portraits d'anciens d'autrefois

Au milieu des années 50, la longévité augmente sensiblement. Au moment même où les modèles sociétaux éclatent, avec l'intensification de l'exode rural, les anciens, qui jusqu'alors bénéficiaient souvent du soutien familial, se retrouvent isolés et démunis financièrement. Beaucoup vivent dans la détresse, dans une société peu adaptée à leurs besoins….

"Et quand ça ne va pas, qu'est-ce que vous faites ? Eh bien, quand ça ne va pas… Je pleure".

Portrait d'une retraitée de 80 ans qui vit encore de manière autonome… mais très seule…  

A l'époque, les maisons de retraite snt rares et lorsqu'elles existent, elles sont inabordables pour les petites pensions. Seuls ceux qui ont les moyens peuvent trouver des établissements corrects où ils termineront leurs jours sans soucis.

Il ne reste que l'hôpital ou l'hospice… La vieillesse est vécue comme un naufrage, à l'image de cet extrait de l'émission intitulée "Le drame de la vieillesse"…

De l'association à la maison de retraite

Au début des années 60, l'État lance un grand plan de construction de maisons de retraites pour accueillir les "vieillards", comme on les appellait alors. Les plus de 65 ans représente 12% de la population.(22% en 2010).

Reportage sur les maisons de retraites en France en 1959.

Bilan de cette politique et visite d'un foyer pour personnes âgées en 1971.

La priorité :éviter l'isolement, véritable fléau du 3e et du 4e âge. Car la solitude reste le triste quotidien de nombreuses personnes âgées et accélère les sénescence.

Reportage dans les squares parisiens à la rencontre de retraités.

Évolution des structures d'accueil…

Pour ceux, capables de rester chez eux, l'État développe les clubs du 3e âge, où les esseulés partagent, l'espace de quelques heures, jeux et conversations animées.

Des services d'aides ménagères à domicile permettent aux plus autonomes de vivre à la maison. Des foyers proposent de se faire livrer des repas ou de les prendre en commun.

En 1993, en  Midi-Pyrénées, "Les petits frères" aident les naufragés de la solitude à mieux vivre et à garder une certaine joie de vivre, en leur proposant des activités, des sorties et des fou-rires.

Comment gérer la dépendance ?

Le vieillissement de la population crée des problématiques, toujours d'actualité aujourd'hui : la prise en charge des maladies chroniques, la dépendance des personnes âgées et le développement de structures capables de les accueillir dans la dignité.

La canicule de 2003 met en lumière la faiblesse du système de prise en charge des seniors, comme on les appelle pudiquement désormais.

En effet, 15 000 personnes décèdent à cause des grosses chaleurs, surtout des anciens. Le pays abasourdi découvre leur isolement.

Cet épiphénomène met en exergue les manques criants d'infrastructures d'accueil et de soins.

Face à ce constat dramatique, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin lance un projet solidaire : supprimer un jour férié pour financer un "grand plan dépendance" grâce au surcroît de cotisations sociales.

Le projet est présenté fin août et prend effet en 2005.

Mais ce financement devient vite insuffisant. En 2011, le gouvernement réfléchit à instituer une deuxième journée solidaire.

La proposition est mal perçue pour deux raisons essentielles : seuls les salariés contribuent à cette journée, ce qui parait injuste à beaucoup. Enfin, une partie de l'argent, ne financerait pas la dépendance mais comblerait le trou de la Sécurité Sociale...

La souffrance des seniors

Malgré ces efforts, la situation des personnes âgées n'est toujours pas idéale dans une société qui célèbre le jeunisme. Certes, l'on vieillit mieux et l'on vit plus longtemps, mais on est aussi très vite oublié, parfois humilié et souvent dépendant.

De nombreuses personnes âgées sont spoliées par leurs proches.

Absence de soins, brimades qui vont jusqu'à la violence, la vie en maison de retraite n'est pas toujours aussi sereine que prévue. Témoignage.

2007. Le gouvernement présente un plan contre la maltraitance des personnes âgées.

2013. Jean-Marie Delarue, le contrôleur général des lieux de privation des libertés, lance un débat houleux en comparant les maisons de retraites à des prisons et en proposant un contrôle dans les établissements de personnes âgées dépendantes. Enquête.

Pour aller plus loin...

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