Cet été, si vous optiez pour des vacances insolites? Ina.fr vous emmène à la rencontre de la France mystérieuse et de ses légendes. Cette semaine : sur les traces de la bête du Gévaudan, un animal effrayant qui terrorisa la Lozère au 18ème siècle. Entre 1764 et 1767, une centaine de victimes, essentiellement des femmes et des enfants de la contrée de Gévaudan, périssent sous les crocs d’un mystérieux animal rapidement qualifié de "Bête". voici son histoire...

La bête du Gévaudan : mythe ou réalité ?

La terreur gagne les campagnes. Plusieurs battues sont organisées sans succès. Les hypothèses vont bon train : une meute de loups opérerait de concert.

Les locaux doutent de cette version car des témoignages décrivent un animal invulnérable (des chasseurs l’ont vu se relever, apparemment sans mal, après avoir reçu des balles). Son audace est sans limite, sa cruauté implacable (certaines victimes sont retrouvées décapitées et vidées de leur sang). Ce portrait ne colle pas avec celui du loup qui attaque peu les humains.

Dans les campagnes friandes de légendes, on parle de loup-garou mais aussi de châtiment divin.

Tribunal de l’impossible : s’agit-il d’une créature surnaturelle ?

L’affaire devient nationale

L’affaire prend rapidement une tournure nationale. Face à la psychose grandissante, les autorités locales demandent et obtiennent le concours de l’armée royale, qui met à disposition un détachement de dragons aux ordres du capitaine Duhamel.

Henri Gougaud raconte la légende de la bête du Gévaudan, 1972

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Une battue monstre est organisée avec 20 000 paysans de la région. Rien n’y fait, pire encore, la bête se déplace plus profondément à l’ouest, continuant à massacrer femmes et enfants. L’animal est signalé dans l’Aubrac et le Rouergue (Aveyron actuel), en Auvergne (département du Cantal) et dans le Velay (la Haute-Loire, aujourd’hui).

Promenade au Mont Lozère, terre millénaire, 1965

La psychose enfle et remonte jusqu’au roi Louis XIV. Il envoie son propre porte-arquebuse, Antoine de Beauterne, responsable de ses chasses royales.

Le 19 septembre 1765, après une ultime battue, Antoine et sa troupe abattent un grand loup. Ce serait la bête. De fait, les attaques cessent. L’envoyé du roi rentre triomphalement à Versailles avec son trophée empaillé qu’il présente au monarque. L’affaire semble close…

Le monstre réapparaît

Lorsqu’en qu’en décembre 1765, tout recommence. Les victimes se multiplient. Pourtant, le 19 juin 1767, un chasseur local nommé Jean Chastel tue un étrange animal sur les pentes du mont Mouchet.

Le procès verbal de l’autopsie de la bête décrit « un loup, mais extraordinaire et bien différent par sa figure et ses proportions que les loups que l’on voit dans ce pays ».

Les attaques cessent alors définitivement : le Gévaudan est délivré du prédateur.

Un animal qui hante les mémoires

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En trois ans, la bête aura fait une centaine de victimes – le décompte variant selon les auteurs, de 85 à plus de 120. Cette étrange histoire a profondément marqué la région. Des siècles après, on ne cesse de l’évoquer.

Pièce de théâtre sur l’histoire, 1981

En 1965, les anciens revenaient volontiers sur cette légende, les hypothèses allaient toujours bon train.

La bête du Gévaudan dans les mémoires, 1965

On craignait toujours de la voir réapparaître.

La nouvelle bête du Gévaudan, 1959, doc audio

En se promenant dans la région, on croise encore les traces du monstre du Gévaudan.

La bête du Gévaudan, 1988

Un fascinant mystère

La fascination exercée sur les esprits se perpétue toujours. Ce fait-divers vieux de plus de deux siècle inspire la radio et la télévision. Alain Decaux est revenu plusieurs fois sur cette affaire mystérieuse du 18ème siècle. Dans ses émissions, il expose les différentes théories qui pourraient expliquer l’origine de la bête sanguinaire.

Alain Decaux raconte, 1972

A la radio, le producteur revisite le mythe en 1973 et 1984, dans sa Tribune de l’histoire. Une évocation scénarisée, jouée par des comédiens replonge dans l’atmosphère angoissante de l'époque.

Tribune de l’histoire, La bête du Gévaudan, 1984

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Rédaction Ina le 09/07/2013 à 14:26. Dernière mise à jour le 28/06/2018 à 17:19.
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