Rentrée littéraire : le casse-tête des libraires

Redaction Ina le 22/08/2014 à 11:33. Dernière mise à jour le 11/04/2015 à 12:39.
Art et Culture Littérature
Rentrée littéraire : le casse-tête des libraires

Chaque année, à partir de fin août, les auteurs font leur rentrée. Dans l'attente des prix littéraires ou du Best-seller, les éditeurs inondent le marché du livre de plusieurs centaines d'ouvrages dont la plupart iront au pilon. Un vrai casse-tête pour les libraires! 

rentreelitteraire620

Le livre, objet de consommation

Le livre, à l'instar de n'importe quel autre produit de consommation est fabriqué, distribué et vendu. "C'est un métier de faire un livre comme de faire une pendule" disait La Bruyère". En 1979, l'éditeur Claude Gallimard apparaissait pour la première fois à la télévision et décrivait le fonctionnement de sa maison d'édition fondée en 1911. Il évoquait la notion de "succès littéraire".

Claude Gallimard : fabrication d'un livre, 1979

Une rentrée commerciale

A partir de fin août, les maisons d'édition n'ont que quelques mois pour mettre en avant leurs ouvrages (tout genre confondu). Leur objectif : capter l'intérêt des lecteurs jusqu'aux fêtes de fin d'année (où se fait le plus gros du chiffre d'affaires), mais également, placer leurs protégés en bonne place pour l'obtention d'un prix littéraire, dont la plupart sont décernés entre septembre et novembre. C'est un véritable sésame des ventes. Débat sur la rentrée littéraire en 1965 : pénible ou profitable pour les auteurs.

Cette rentrée littéraire est avant tout une période commerciale au cours de laquelle se concentre l'essentiel des parutions des nouveaux livres de l'année. Une large part est laissée aux premiers romans. La quête de la perle rare chez Gallimard en 1995

Une surabondance exponentielle

Ce "tir groupé" entraîne une surabondance exponentielle difficilement gérable. 607 ouvrages sortent en cette rentrée 2014. En 2013, 555 nouveaux romans se disputaient la tête d'affiche.

Rentrée littéraire 2013

Enquête auprès de libraires qui parlent de "non-sens" et d'éditeurs désireux de ne perdre aucune possibilité de succès. 

Abondance ou gâchis? 1999

Le cru 2002, dépasse tous les records précédents avec 660 titres. Les libraires sont débordés par les caisses et cartons d'ouvrages qui envahissent leur boutique. Avec cette avalanche de nouveaux titres, les certains regrettent de ne plus pouvoir exercer correctement leur mission de conseil.

Rentrée littéraire 2002

L'année suivante, les lecteurs ont le tournis : 1300 ouvrages déboulent dès septembre ! La grande question du moment est "comment caser tous les livres édités sur leurs rayonnages"? Pourquoi une telle inflation alors que les ventes ne cessent de chuter?

Une rentrée titanesque, 2003

Un gaspillage orchestré

La plupart de ces livres ne resteront que quelques semaines à la vente, la moitié, invendus, iront au pilon ou seront recyclés en papier toilette ou boites à chaussure. Chaque année, cent millions de livres sont pilonnés!

Les livres pilonnés, 2005

Beaucoup d'appelés mais peu d'élus. Cette profusion est-elle profitable aux auteurs?

Rentrée littéraire de 2000

Être lu autrement

Certains auteurs, dits populaires, parviennent cependant à tirer leur épingle du jeu et boycottent volontairement cette rentrée commerciale. C'est le cas de Bernard Werber qui sort chaque année un livre en octobre.

Werber le rebelle, 2008

De petites maisons d'éditions choisissent elles-aussi d'autres stratégies de vente, à l'exemple de cette maison d'édition bretonne en 2007.

Editer en Bretagne