Poutine entre ombre et lumière

Redaction Ina le 27/02/2008 à 00:00. Dernière mise à jour le 26/06/2017 à 09:44.
Présidents et chefs d'états Politique internationale
poutine entre ombre et lumière

Après l'élection présidentielle en Russie de mars 2008, Vladimir Poutine, Président depuis 2000, a quitté ses fonctions pour celle de Premier ministre d'un homme qu'il a mis au pouvoir : Medvevev. En 2012, il revient à la tête du Kremlin. Du KGB à son poste de Premier ministre, zoom sur une carrière bercée par l'amour du pouvoir.

Un membre du KGB

Président de la Russie de 2000 à 2008, Vladimir Poutine a mené une vraie bataille pour gravir l'échelle sociale. Issu d'une famille ouvrière, il part de rien. Jeune, il s'illustre dans le sport et devient champion de sambo. Etudiant, il réussit en droit. En 1975, il obtient son diplôme de l'Université de Léningrad (actuelle St Petersbourg).
 Après une formation à Moscou, il devient membre du KGB. Il exerce ses fonctions en Autriche, en Suisse puis est envoyé en République démocratique allemande. Il passe cinq années à Dresde, sous la couverture du directeur de la Maison de l'amitié germano-soviétique.

Dans l'ombre du maire

Après la réunification allemande, Poutine est mis en réserve. Il démissionne officiellement du KGB le 20 août 1991. Habitant de Leningrad, il rejoint l'équipe municipale et devient l'une des personnalités les plus influentes de la ville. Celui qui est surnommé « le cardinal de l'ombre » devient responsable des relations extérieures de la mairie de St Petersbourg et, à partir de 1994, premier adjoint au maire. Celui-ci s'appelle Anatoli Sobtchak et n'est autre que l'ancien professeur de droit de Poutine.

Le n°2 de la Russie

En 1996, toujours plus ambitieux, Vladimir Poutine quitte la cité des tsars pour Moscou. Il devient alors directeur des affaires de la présidence, aux côtés de Boris Eltsine. Ses pouvoirs sont de plus en plus étendus : il gère les relations avec les régions. Commence alors une fulgurante ascension pour cet homme peu connu du grand public.
 En août 1999, Boris Eltsine le nomme Premier ministre. Poutine passe de l'ombre à la lumière et accède à la dernière étape de son ascension : quelques mois plus tard, le 31 décembre 1999, Boris Eltsine démissionne. Vladimir Poutine devient président par intérim et est officiellement élu le 22 mars 2000, avec 52,52 % des suffrages.

Son arme : l'autorité

Vladimir Poutine est alors déterminé à restaurer ce qu'il appelle la « verticale du pouvoir ». Son but : mettre fin à la libéralisation opérée sous l'ère Gorbatchev. Son arme : l'autorité. Cette véritable reprise en main de l'ordre public satisfait une grande partie de la population. A l'extérieur de la Russie, les dirigeants occidentaux apprécient le fait que Poutine ait su instaurer une économie solide, favorable aux échanges commerciaux et aux grands contrats.
 L'économie de la Russie se redresse, aidée par une belle flambée des prix des hydrocarburants. L'ex-Urss est en effet le premier producteur et exportateur mondial de gaz. Et le deuxième producteur de pétrole. La Russie détient alors une position d'acteur majeur parmi les grandes puissances.

Un contrôle massif des médias

Mais, au sein de son pays, le Président n'arrive pas à éradiquer la corruption. Pourtant, il est déterminé à lutter contre la mafia para-étatique et les oligarques influents de l'industrie, des finances… et des médias.
 En effet, loin d'être sans failles, on compte parmi les échecs du régime de Poutine : la tragédie du sous-marin Koursk (le Président est accusé de ne pas avoir organisé une aide suffisamment rapide pour sauver les membres de l'équipage) et un contrôle accru des médias, (en Russie ou à l'étranger, certaines voix s'élèvent contre la mainmise sur l'information et l'étouffement des critiques). Il continue cependant à bénéficier du soutien de la population : sa politique est reconnue à deux reprises, lors de sa réélection en 2004 et lors des législatives de 2007, où son parti est grand vainqueur. Et ce malgré, un positionnement controversé face au terrorisme.

Elu pour la stabilité qu'il représente

Certes, au lendemain des attentats du 11 septembre, la Russie affiche un réel soutien auprès des Etats-Unis. Elle n'hésite pas à créer une nouvelle alliance, destinée à lutter contre le terrorisme. Même si cela signifie pour Poutine éradiquer le problème tchétchène. Contre une reprise du dialogue avec les dirigeants de la province, le Président russe affiche également une certaine incapacité à gérer les situations de crises. C'est ce que démontre tragiquement la prise d'otages d'un théâtre moscovite en 2002. Ainsi, à la fin de son second mandat, Vladmir Poutine n'a pas réussi à améliorer la situation tchétchène. Toutefois, le magazine Time l'a élu personnalité de l'année 2007 au regard de la stabilité qu'il a instaurée dans son pays.

Premier ministre

A l'approche des Présidentielles de 2008, Vladimir Poutine n'a plus la possibilité de se présenter. Mais cet ancien « cardinal de l'ombre » sait rebondir. Déjà, il désigne son dauphin : Dmitri Medvevev. Ensuite, il accepte la place de Premier ministre que lui propose son successeur. Pour garder en mains, encore un peu, les rênes du pouvoir.
En mars 2012, il revient à la tête du Kremlin.

A voir, le billet de blog Simple et fort comme Poutine