Pierre Schoendoerffer

Redaction Ina le 26/11/2007 à 00:00. Dernière mise à jour le 09/08/2017 à 18:00.
Indochine et Vietnam
Pierre Schoendoerffer

Ancien opérateur au Service des armées, Pierre Schoendoerffer avait fait du film de guerre son genre à lui. Un travail reconnu et auréolé d'un Oscar en 1968 pour « La section Anderson », dont on fête les 50 ans de la première diffusion dans l’émission « Cinq colonnes à la Une », le 3 février 1967. Retour sur une vie exceptionnelle…

Pierre Schoendoerffer

Ancien opérateur au Service des armées, Pierre Schoendoerffer avait fait du film de guerre son genre à lui. Un travail reconnu et auréolé d'un Oscar en 1968 pour « La section Anderson ». Pierre Schoendoerffer est décédé à l'âge de 83 ans, le 14 mars 2012. Retour sur une vie et une oeuvre exceptionnelles.

Reporter de la guerre

« La dernière fois que j'ai pleuré ? Il y a 50 ans, le 7 mai 1954, à 5 heures de l'après-midi, quand Dien Bien Phu est tombé. Et je n'étais pas le seul à pleurer. » Il y a quelques années, face au journaliste de l'Express, Pierre Schoendoerffer résume là toute l'essence de sa carrière : la peinture des hommes en guerre.
 Né le 5 mai 1928 dans le Puy-de-Dôme, il n'a que dix-neuf ans lorsqu'il rejoint pour plusieurs mois un caboteur suédois. Puis en 1951, il s'engage dans le service cinématographique des Armées. Il se bat en Indochine, est fait prisonnier dans le camp retranché de Dien Bien Phu. Et est libéré. Il devient alors reporter-photographe pour des magazines américains, mais aussi pour Paris-Match. Révolution marocaine de 1955, Laos, guerre d'Algérie : Pierre Schoendoerffer est de tous les conflits.

Du Vietnam à l'Islande

Celui qui considère le soldat comme un héros à part entière signe, en 1956, avec Jacques Dupont un documentaire tirée d'un scénario de Jospeh Kessel, « La Passe du Diable ». Le film est tourné en Afghanistan. Un an plus tard, il repart au Vietnam pour les besoins de son court métrage, « Than le pêcheur ».
 De retour en France, il réalise deux adaptations de romans de Pierre Loti, « Ramuntcho » et « Pêcheurs d'Islande ».

La section émérite

L'année 1963 marque son retour au cinéma avec « la 317e section », nouvelle plongée dans le conflit vietnamien tiré de son propre roman. L'action, qui se déroule au nord du Laos, met en relief tout le credo du metteur en scène : l'amitié virile, la foi en la patrie et en Dieu. Il réalise ensuite « Objectif 500 millions », qui aborde cette fois-ci le traumatisme des vétérans de la guerre d'Algérie.
Puis, trois ans plus tard, le documentaire «La Section Anderson », fait sensation. Durant deux mois, à l'automne 1966, Pierre Schoendoerffer a suivi sur le terrain les soldats américains, mobilisés en Indochine : « on est devenu comme des soldats de cette section. Au départ, ils nous regardaient avec un peu de distance… et puis la même pluie, les mêmes cigarettes, la même nourriture, les mêmes trous à creuser, les mêmes balles qui sifflaient, font qu'en fait on est devenu l'un des leurs. » Cette investigation lui vaudra un Oscar.

Bande annonce du documentaire primé aux Oscars, la Section Anderson, diffusé le 3 février 1967 dans "Cinq colonnes à la Une"

Souvenirs de mer

En 1977, il adapte un autre de ses romans avec « le Crabe tambour », porté par Jean Rochefort et Jacques Dufilho. Il revient avec nostalgie sur ses années de mer, en racontant les derniers jours d'un capitaine qui se sait condamné par la maladie.
 En 1982, il met en scène « l'Honneur d'un capitaine », un souvenir de l'Empire colonial perdu. Membre de l'Académie des Beaux-Arts en 1988, il s'octroie une longue parenthèse de dix ans, avant de livrer l'autobiographie « Dien Bien Phu », basée sur son expérience au Vietnam.

Le flambeau transmis à ses fils

En 2004, il retrouve Jacques Dufilho pour « Là-haut », adapté de son dernier roman : l'enquête d'une jeune journaliste des années 70 qui la mène de la Thaïlande à la Bretagne et à la rencontre des vétérans d'Indochine a été tournée avec son fils, acteur et scénariste, Ludovic Schoendoerffer. Son autre fils Frédéric est réalisateur et vole aussi depuis longtemps de ses propres ailes. Quoi de plus beau pour un père ? Pour un capitaine qui voit la réussite de ses hommes ?