Pierre Mendès-France

Redaction Ina le 16/10/2007 à 00:00. Dernière mise à jour le 13/10/2017 à 15:58.
Partis politiques
Pierre Mendès-France

Retour sur la carrière politique plus que mouvementée de Pierre Mendès-France, figure emblématique de la gauche socialiste du XXe siècle.

pmf620

 "Je n'ai jamais dissimulé ce que j'ai pensé, je n'ai jamais eu de mal à choisir, je ne suis jamais seul". 1966

Brillant et contestataire

Né à Paris le 11 janvier 1907, Pierre Mendès-France obtient son bac à l'âge de 15 ans. Il entre l'année suivante à l'Ecole libre des sciences politiques et s'intéresse aux questions économiques et financières.
Le jeune homme devient, en 1928, le plus jeune avocat de France ; il a alors 21 ans. Parallèlement à ses études, il se tourne vers le militantisme en adhérant au Parti radical et à la Ligue d'action républicaine et socialiste. Actif politiquement, il apparaît comme l'un des espoirs du Parti radical. Avec les « Jeunes Turcs », il conteste les orientations de la direction du mouvement incarnée par Édouard Herriot.
Député de l'Eure à partir de 1932 et maire de Louviers en 1935, Pierre Mendès-France est le seul élu de gauche à voter contre la participation française aux JO de Berlin, organisés par le régime nazi en 1936. Il est ensuite nommé sous-secrétaire d'État au Trésor dans le deuxième et éphémère gouvernement Blum du Front Populaire.

La vérité selon Pierre Mendès France, 1976

De la guerre à l'investiture

Lorsque la guerre éclate en 1939, PMF est nommé lieutenant de réserve dans l'Aviation. Condamné en 1941 pour désertion, il s'évade de prison et rejoint De Gaulle à Londres. En 1943, alors commissaire aux finances dans le Comité Français de la Libération Nationale, il élabore le plan de redressement de l'économie française.
Partisan d'une politique économique rigoureuse, PMF démissionne lorsque le général de Gaulle préfère appliquer les mesures plus souples de René Pleven. Dans la foulée, il est élu Président du Conseil général de l'Eure. Après avoir travaillé au sein de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement, au Conseil économique et social de l'ONU, puis au FMI, il retrouve son siège de député de l'Eure en 1950.
Fort de sa position, il dénonce très vivement l'engagement militaire français dans la guerre d'Indochine.
Après une première tentative infructueuse en 1953, Pierre Mendès France est finalement investi Président du Conseil avec une forte majorité le 18 juin 1954.

Trois semaines après le rejet par l'Assemblée de la participation de la France à la Communauté européenne de défense, le président du conseil, lors de l'inauguration d'un monument à la gloire de la résistance nivernaise prononce un discours en faveur de la réconciliation franco-allemande.

Discours de Nevers en faveur du rapprochement franco-allemand, 1954

Sept mois et dix-sept jours

Il ne dirige le gouvernement que pendant sept mois et dix-sept jours, mais son passage sera l'un des temps forts de l'histoire institutionnelle de la IVe République. Pendant ces quelques mois, il œuvre pour la décolonisation, signe les accords de Genève sur la fin de la guerre en Indochine et proclame l'autonomie interne de la Tunisie.

Signature du "cessez le feu" en Indochine

Par ailleurs, il instaure un nouveau mode de dialogue avec les Français en intervenant sur les ondes chaque samedi.
Le 5 février 1955, l'Assemblée nationale refuse sa confiance au gouvernement sur la question de l'application du statut de l'Algérie.
Pierre Mendès-France démissionne. À nouveau ministre dans le gouvernement Guy Mollet de Front Républicain, il quitte rapidement ses fonctions pour cause de désaccord sur la politique menée en Algérie.

La Ve République

Battu aux élections législatives de novembre 1958, il abandonne tous ses mandats pour se consacrer à la réflexion politique. Plus tard, il participe à la recomposition de la gauche socialiste et soutient, en 1965, la candidature de François Mitterrand à l'élection présidentielle. Il redevient député en 1967, à Grenoble.
Les événements de 1968 le portent au premier plan. En participant au rassemblement du stade de Charléty, Pierre Mendès-France apparaît comme l'un des recours possibles en cas d'effondrement du régime.
Mais, cette même année, il est battu aux élections législatives et perd son siège de député. Pour des raisons de santé, Pierre Mendès-France réduit ses activités politiques dans les années 1970.
Toutefois, son goût du dialogue et son rayonnement le conduisent à participer activement à la recherche de la paix au Proche-Orient. Il organise des rencontres entre Israéliens et Palestiniens.
Pierre Mendès-France, symbole d'une nouvelle conception de la vie politique par son action, s'éteint le 18 octobre 1982.
Ina.fr revient, en archives, sur son parcours politique.

Pour aller plus loin

La Radioscopie de Pierre Mendès France (1977)

Plus de documents sur Pierre Mendès-France

Retour sur la carrière de ce grand homme politique (Pack)