Premiers pas en poésie

Paul Eluard s’est éteint le 18 novembre 1952. Il est l’une des figures majeure du surréalisme. Sa poésie revendique une philosophie mêlée d’humanisme et d’aspirations révolutionnaires. Portrait d’un poète militant.

 Paul Eugène Grindel est né en 1895 dans une famille bourgeoise de Saint Denis. Il fait de brillantes études dans de bons établissements et obtient son brevet en 1912. Sa santé fragile l’oblige à interrompre sa scolarité et à partir en cure dans un sanatorium en Suisse. Il y rencontre une jeune exilée russe et impétueuse. Elle le subjugue, il la surnomme Gala, elle deviendra sa femme en 1916. Elle lui inspire ses premiers poèmes passionnés.
En 1914, il est mobilisé et devient infirmier militaire. Les atrocités de la guerre donnent naissance à de nouveaux poèmes mêlant horreur et pitié. Elles font naître en lui une forte nature pacifiste. (Le Devoir et l'Inquiétude, 1917, Poèmes pour la paix, 1918).
En 1917, il prend pour pseudonyme Paul Eluard, en hommage à sa grand-mère maternelle.

 Du Dadaïsme au Surréalisme

 A la fin de la Grande Guerre, le jeune homme éprouve un profond sentiment d’absurdité et une volonté de remise en question du monde. Il l’exprime dans son adhésion au mouvement Dada, synonyme de folie, drôlerie et non-sens.
En 1919, il s’engage dans la voie de l’expérimentation littéraire avec les surréalistes. Mouvement artistique initié en compagnie de son ami André Breton.
Paul Eluard se voue à une lutte ininterrompue contre le conformisme, donne naissance à quelques jeux de mots. Il fonde sa propre revue « Proverbe » très axée sur les problèmes de langage.
Comme la plupart des autres écrivains surréalistes, Éluard montre un intérêt très vif pour les arts plastiques, notamment la photographie et la peinture; ses recueils sont d'ailleurs souvent illustrés par des artistes appartenant à la "mouvance surréaliste" .
En retour, il leur consacre des poèmes ou des essais. C’est le cas avec Picasso, son ami inséparable : A Pablo Picasso, (1944). Son adhésion au surréalisme ne l'empêche pas d'affirmer son respect pour la poésie classique. Il lui consacre plusieurs anthologies : Première Anthologie vivante de la poésie du passé, (1951).

 Amour et poésie

 Eluard ne peut séparer inspiration et amour. Les femmes de sa vie sont ses muses. Sa passion mouvementée pour Gala lui inspire le recueil Capitale de la douleur (1926), L’amour la poésie (1929). Gala le quittera pour Salvador Dalí en 1930.
Peu après, il rencontre une artiste de Music-Hall, Maria Benz, surnommée Nusch. Il lui dédie La Vie immédiate (1932). Nusch meure brutalement en 1946, Eluard désespéré écrit Le temps déborde, (1947).
Trois ans plus tard, il se remarie avec Dominique Lemor. Sa renaissance affective est décrite dans son recueil Le Phénix (1951).

 Combat pour la liberté

 Après l’amour, les espoirs idéologiques constituent le second engagement existentiel et poétique de Paul Éluard.
En 1927, le poète entre au parti communiste, avec la plupart de ses amis surréalistes (Breton, Aragon, Peret etc.). Il publie à cette époque un recueil essentiel, Capitale de la douleur. Il milite pour une poésie sociale et accessible à tous (Les Yeux fertiles, 1936; Cours naturel, 1938; Donner à voir, 1939).
En 1931, il est exclu du parti communiste mais devient l’ambassadeur du surréalisme et voyage partout dans une Europe de plus en plus fascisante. Il prend notamment position contre le franquisme en 1936 aux côtés de Picasso. Alors que le peintre met la dernière touche à son tableau Guernica, le poète écrit les vers de Victoire de Guernica. Les deux hommes ne se quittent plus.
Pendant la seconde guerre mondiale Eluard utilise la poésie comme une arme de résistance et se réinscrit clandestinement au parti communiste. Son hymne Liberté, est parachuté par les anglais au dessus de la France occupée. A la libération, il est fêté comme l’une des grandes plumes de la résistance.

 Engagement pour la paix

 L’après-guerre est une période difficile pour le poète : il sombre dans la dépression à la mort de Nusch puis, retrouve progressivement goût à la vie. Son cheminement se traduit dans le recueil De l’horizon d’un homme à l’horizon de tous.
Il se consacre désormais à la défense de la paix. Il participe à de nombreux congrès et conférences, bientôt soutenu par sa nouvelle épouse Dominique, rencontrée au congrès de la paix à Mexico. Sa lutte pacifique et poétique cesse le 18 novembre 1952, date à laquelle Paul Eluard succombe à une crise cardiaque.
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Rédaction Ina le 06/11/2012 à 11:16. Dernière mise à jour le 11/04/2015 à 09:50.
Littérature