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Niki de Saint Phalle dans son atelier en 1964, tournage de l'émission "Pour le plaisir"

Une autodidacte

Niki de Saint Phalle (1930-2002) est l'une des grandes artistes polyvalentes du XXe siècle, à la fois plasticienne, peintre, sculptrice et réalisatrice de films. En 1974, elle réalise d'ailleurs "Daddy", une dénonciation virulente de la famille pour cette jeune femme abusée par son père durant son enfance.

Le film "Daddy", 1974 (audio)

C'est surtout une autodidacte sans aucune formation artistique.

Sa découverte du surréalisme, 1972 (audio)

D'abord chanteuse, elle commence à peindre en 1952. Reportage dans son atelier où l'artiste présente son travail - "qui exprime les problèmes de la femme avec une certaine poésie" - à un journaliste perplexe et légèrement macho.

Niki de Saint Phalle s'exprime sur son art, 1965

Une créatrice atypique

Le grand public la découvre en 1961 avec sa première grande exposition intitulée "Tirs". Fixés sur une planche, des tubes de peinture sont recouverts de plâtre et percés à l'aide de tirs à la carabine. Une manière de créer grâce à un objet mortifère.

Réalisation de "Tirs", 1961 (document muet)

La technique est proche de la performance artistique.

"Tirs", 1961, (document muet)

La notoriété de l'artiste grandit encore avec ses célèbres "Nanas" qui imposent son travail à travers le monde entier. En 1972, elle explique le sens caché de ces représentations de femmes puissantes, "un désir d'écraser le sexe mâle qui opprime la femme".

Le sens des "Nanas", 1972

C'est à cette époque également qu'elle rejoint le collectif des "Nouveaux réalistes", aux côtés d'autres artistes tels Gérard Deschamps, César, Mimmo Rotella, Christo et Yves Klein.

Les nouveaux précurseurs, 1961

En 1972, Niki de Saint Phalle revient sur son adhésion au groupe réaliste dans "une démarche pourtant très personnelle". Elle livre également ses réflexions sur la place des "Nanas" dans sa recherche artistique. 

Le nouveau réalisme, 1972 (audio)

Une artiste engagée

Niki de Saint Phalle est surtout une militante engagée, utilisant son art pour transmettre un message politique. En 1989, dans "Du côté de chez Fred", elle revient sur son féminisme.

Le féminisme, 1983

La même année, elle réalise un ouvrage coloré pour mettre en garde les jeunes contre les risques du Sida : de la "prévention joyeuse".

La prévention du sida, 1989

Un couple créatif

En 1971, Niki de Saint Phalle épouse un autre artiste avant-gardiste, Jean Tinguely. Retrouvons-les dans leur atelier de la région de Barbizon.

L'atelier Saint Phalle-Tingely, 1968

Le couple décrit sa collaboration artistique "une confrontation qui élève".

Un couple prolixe, 1967

Ensemble, ils réaliseront la fontaine Stravinsky située près de Beaubourg. Reportage en 1983 à la fin des travaux. Jean Tinguely revient sur le sens de cette œuvre.

La fontaine Stravinsky, 1983

En 2002, il évoque à nouveau leur belle aventure commune sur la fontaine "Tout paraît simple et l'ensemble fonctionne bien, c'est joyeux".

La fontaine Stravinsky, 2002 (audio)

Les précédentes rétrospectives

Niki de Saint Phalle, bien que populaire, a été peu exposée en France.

En 1993, le musée d'Art Moderne de Paris organise une rétrospective. Un parcours ludique qui remonte le temps à l'envers pour restituer les états d'âme et de cœur de l'amoureuse des couleurs. 

Rétrospective, 1993

En 2004, le musée des Beaux-arts d'Angers présente une sélection très complète de cette artiste hyper-productive. Au programme, ses premières œuvres, sa période blanche…

Musée des Beaux Arts d'Angers propose une rétrospective, 2004

Il faut attendre 2010 pour qu'une nouvelle exposition lui soit consacrée en France, au château de Malbrouck en Moselle. Sa petite fille, Bloum Cardenas, à l'origine du projet, dresse le portrait de cette grand-mère extraordinaire et complexe.

Rétrospective Saint-Phalle au château de Malbrouck, 2010

saintphalle1993

Niki de Saint Phalle au musée d'Art Moderne, 1993

Rétrospective de l’œuvre de Niki de Saint Phalle au Grand Palais

Radio France et l’Ina éditent deux CD d’entretiens dans la collection Les Grandes Heures.

Niki de Saint Phalle, l’une des artistes les moins conventionnelles de son temps, se raconte sans artifice au micro de Jean Daive. La vivacité et la liberté d’esprit de Niki de Saint Phalle, dont témoignent ces entretiens, sont à l’image de ses “Nanas”, ces sculptures rotondes à l’ampleur gigantesque et tonique, aux couleurs allègres et vives qu’adorait Max Ernst, qui firent le succès international de l’artiste et lui procurèrent un vaste public.

Rédaction Ina le 04/09/2014 à 10:06. Dernière mise à jour le 15/05/2017 à 18:43.
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