Le 21 mars 1918, en Picardie, les Allemands passent à l’offensive. Depuis le début de la guerre, en 1914, ils ont au contraire attendu les attaques alliées, privilégiant la stratégie défensive afin de laisser les Franco-Anglais s’épuiser. A Verdun, en 1916, ils ont certes essayé de forcer le front, mais dans une stratégie d’usure de l’armée française.

Et voilà que ce 21 mars 1918, un bombardement intensif des lignes alliées signale le début de l’offensive dite « de printemps ». Les Allemands, qui viennent de signer la paix de Brest-Litovsk avec la nouvelle Russie bolchévique, veulent profiter du court laps de temps qu’ils savent favorable sur le front Ouest avant le déploiement massif des troupes américaines. Les troupes anglo-françaises sont en effet fatiguées, les pertes ont été colossales, et les tensions se font jour entre les commandants, Douglas Haig côté anglais, et Philippe Pétain chez les Français.

L’attaque se produit dans le secteur britannique. Le 23 mars, la ville de Péronne tombe. Les Allemands sont confiants. Ils publient même un premier communiqué de victoire, tant leur avancée semble décisive. Les alliés sont aux abois. Les Anglais ont un besoin criant des réserves françaises, mais le commandement français hésite.

C’est dans la petite ville picarde de Doullens, le 26 mars, alors que la situation pour les Alliés commence à devenir périlleuse, que le destin se joue. L’état-major anglais y a convié les chefs militaires et civils français : le Président Raymond Poincaré, le Président du Conseil Georges Clemenceau, les généraux Philippe Pétain, Ferdinand Foch, Maxime Weygand.

C’est au cours de cette entrevue historique que le choix est finalement porté sur la personne du général Foch pour coordonner l’action des armées alliées sur le front de l’ouest.

Plus tard, le Président du Conseil Georges Clemenceau justifiera ce choix : « Je me suis dit : essayons Foch ! Au moins, nous mourrons le fusil à la main ! J'ai laissé cet homme sensé, plein de raison qu'était Pétain ; j'ai adopté ce fou qu'était Foch. C'est le fou qui nous a tirés de là ! ». Si le général Pétain avait en effet été également pressenti pour un tel rôle de chef suprême des armées alliées, sa mésentente avec Douglas Haig, ainsi que son caractère prudent, voire pessimiste, vont le desservir lors de cette journée. C’est bien Ferdinand Foch et sa fougue qui sera choisie. Dès la sortie de la réunion, la coordination entre les deux pays alliés se fait enfin jour.

Les généraux pensent à présent leurs armées comme une même et seule grande armée, amenée à se battre et à résister jusqu’au bout contre les Allemands. Désormais, les ordres sont rapides. Foch ordonne la mise à disposition de réserves françaises en soutien des défenses britanniques. Les décisions prises en ce 26 mars à Doullens vont permettre de contenir l’armée allemande, et d’envisager ensuite la contre-offensive victorieuse à partir de l’été 1918...

Rédaction Ina le 21/03/2018 à 19:22. Dernière mise à jour le 23/03/2018 à 09:29.
Histoire et conflits