Le 22 février 1943, les Nazis guillotinaient trois étudiants allemands d'une vingtaine d'années dans la prison de Stadelheim, près de Munich. Hans Scholl et de sa sœur Sophie ainsi que Christoph Probst. Leur crime: avoir lutté contre le nazisme dans le mouvement clandestin dit de "La Rose blanche".

Arrêtés le même jour que leurs compagnons, Willi Graf et sa sœur Annelise seront jugés un peu plus tard. Si Willi est à son tour exécuté, Annelise, sera quant à elle relâchée. Dès lors la survivante va consacrer sa vie à témoigner et à raconter l'action et l'esprit de résistance de "La rose blanche". En 2007, Annelise Knopf-Graf rencontre un groupe d'élèves du lycée Magendie et raconte son arrestation.

"Quand on a été arrêtés et embarqués ensemble dans cette voiture de la Gestapo, pour nous amener à la maison d'arrêt, pendant tout le trajet, mon frère qui n'était pas pourtant très affectueux, serrait ma main très fort. Pour moi, c'était le symbole qu'il était avec moi et que par mon engagement, maintenant je devais être avec lui".

Annelise veut que son témoignage serve à "lutter contre l'oubli et transmette un message, celui de l'importance de la lutte contre le totalitarisme et l'antisémitisme. Hier comme aujourd'hui."

Devant des jeunes captivés, elle ajoute, "Aujourd'hui, il y a d'autres sujets qui nécessitent aussi que l'on prenne conscience qu'il y a nécessité de s'engager. Par exemple contre la guerre, contre l'émergence du racisme."

Après la conférence les lycéens réagissent : "Ils ont eu beaucoup de courage";  "Il faut prendre conscience de ce qui s'est passé avant et apprendre de l'histoire"; "Aujourd'hui, on est concerné. On a vu les dégâts que ça peut faire et les jeunes seraient capables de se mobiliser."

annelise

Annelise Knopf-Graf en 2007

Lorsque une "rose blanche" piqua le nazisme…

En 1942, "La Rose blanche" (Die Weiße Rose), est créé à Ulm, sous l'impulsion d'un étudiant en médecine, Hans Scholl et de sa sœur Sophie. Il décide de lutter contre le national-socialisme et de défendre la démocratie par l'écrit. En un an, ils diffuseront 6 tracts avant d'être arrêtés et exécutés.

roseblanche312

Hans et Sophie Scholl, crédit photo : Archives DZOK Ulm

Autour de Hans et de sa sœur Sophie (protestants), il faut citer : Alexander Schmorell (25 ans, orthodoxe et fils d'un médecin de Munich) ; Christoph Probst (23 ans marié et père de trois jeunes enfants), et Willi Graf (24 ans, catholique). Il est bientôt rejoint par Traute Lafrenz, une amie de Hans.

En juin 1942, alors qu'Hitler est au fait de sa puissance, le petit groupe décide d'appeler les étudiants de Munich à la résister contre la "dictature du mal". Avec le soutien d'un imprimeur, les jeunes résistants rédigent et diffusent 4 tracts, signés "La Rose blanche" (Die Weiße Rose).

Leurs lecteurs sont invités à créer une "chaîne de résistance de la pensée" en les reproduisant et en les diffusant à un maximum de personnes.

Un cinquième tract intitulé "Tract du mouvement de résistance en Allemagne" est distribué à plusieurs milliers d'exemplaires à Munich ! Prenant toujours plus de risques, en février 1943, Hans Scholl et Alexander Schmorell écrivent la nuit des slogans sur les murs du quartier universitaire : "Liberté ! Hitler massacreur des masses ! A bas Hitler! "

Le sixième et dernier tract est imprimé à plus de 2.000 exemplaires. Il commente la défaite de Stalingrad, condamne la barbarie nazie et invite la jeunesse du pays à se mobiliser. Malheureusement, le matin du 18 février 1943, Hans et sa soeur Sophie sont aperçus jetant des tracts. Le groupe rapidement arrêté est livré à la Gestapo et emprisonné à la prison de Stadelheim.

Le 22 février débute un procès approximatif qui aboutit à la condamnation à mort pour trahison de Hans Scholl, de sa soeur et de leur ami Christoph Probst. Le frère et la sœur crieront "Vive la liberté" juste avant d'être guillotinés.

Quelques mois plus tard, un second procès juge quatorze autres membres du réseau. C'est à son terme que Willi Graf et d'autres étudiants seront eux aussi condamnés à mort.

La Rose Blanche a vécu à peine un an mais reste un symbole de la lutte  d'une poignée de jeunes gens contre contre la résignation et pour la défense de la liberté.

Pour aller plus loin

Jean moulin, héros de la Résistance (article)

Seconde Guerre mondiale (article)

La nuit des longs couteaux (playlist)

20 juillet 1944 : l'attentat contre Hitler (France Actualités, vidéo de 1944)

Rédaction Ina le 22/02/2018 à 10:25. Dernière mise à jour le 20/03/2018 à 11:54.
Histoire et conflits