Les présidents de Radio France

Redaction Ina le 27/02/2014 à 12:55. Dernière mise à jour le 10/04/2015 à 15:41.
Médias
Radio France

Mathieu Gallet accède aujourd'hui à la présidence de Radio France. L'occasion pour ina.fr de revenir sur les neufs précédents titulaires de ce poste prestigieux.

Naissance de Radio France

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Radio France naît le 1er janvier 1975, date de la mise en application de la loi du 7 août 1974 qui supprimait l’Office de radiodiffusion télévision française (ORTF) et créait sept sociétés publiques autonomes : Radio France, TF1, A2 et FR3, la SFP, TDF et l’INA.

Elle gère plusieurs stations de radios publiques (France Inter, France Culture, France Musique, Fip, France bleu, un réseau local et le Mouv’ depuis 1997) ainsi que plusieurs formations musicales. A sa création, le monopole d’État subsiste et Radio France est placée sous l’autorité du Premier ministre. La loi du 29 juillet 1982 sur la communication audiovisuelle supprime le monopole d'État et place la société nationale de radiodiffusion Radio France sous la tutelle de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle.

Depuis 1974, c’est cet organisme qui établit le cahier des charges, veille aux règles de concurrence et nomme son président. A noter, un intermède durant la présidence de Nicolas Sarkozy. Période au cours de laquelle, l’Elysée reprend la prérogative de l’élection du président de Radio-France. Le retour de la gauche au pouvoir en 2012 rebat les cartes et le CSA est réinvesti du pouvoir de nommer les présidents de l'audiovisuel public.

Depuis sa création en 1974, neuf présidents se sont succédés à la tête de l’intitution dont deux femmes.

Jacqueline Baudrier (1975-1981)

Jacqueline Baudrier est une ancienne locataire de la Maison ronde qu’elle a fréquenté dès 1948 comme journaliste, puis comme rédactrice en chef du journal parlé. Cette amoureuse de la radio veut rendre ces lettres de noblesse au média sonore. En octobre 1974, elle est reçue par Valéry Giscard d’Estaing et décrit leur vision commune de la radio.

Jacqueline Baudrier à l’Élysée, octobre 1974 (audio)

Durant son mandat, elle développe la diffusion des émissions en modulation de fréquence (FM).

Annonce nomination, mai 1975

En 1980, elle crée deux stations thématiques : Radio 7 pour les jeunes, et Radio bleue pour les séniors. Face à la concurrence des radios libres, François Mitterrand encourage la radio publique à élargir son public, la présidente prône la créativité et la réactivité, une manière d’attirer un public plus jeune.

Radios thématiques, mars 1980

En 1981, une seconde femme accède à la présidence de Radio France en 1981...

Michèle Cotta (1981-1982)

Bien que le monopole d’État ait disparu, la radio reste un média primordial pour le pouvoir et le poste suprême est toujours aussi stratégique. Quelques mois après l’arrivée de la gauche à l’Élysée, un nouveau président s’installe à la direction de Radio France. Jacqueline Baudrier est remerciée, et une nouvelle femme s’installe à sa place : Michèle Cotta.

La passation de pouvoir se déroule le 13 août 1980. Après vingt ans de journalisme, la nouvelle dirigeante de la Maison ronde est prête à prendre ses lourdes responsabilités.

Passation de pouvoir, août 1981

La présidente continue le développement du réseau local amorcé par sa prédécesseur

Inauguration de radio Melun, 1981

L’année suivante, elle quitte ses fonctions après avoir été nommée à la direction de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle, prédécesseur du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). 

Jean-Noël Jeanneney (1982-1986)

Jean-Noël Jeanneney prend ses fonctions à la tête de Radio France le 21 octobre 1982, universitaire, historien, il est également producteur de radio et connait bien la maison ronde. Il explique ici son désir de servir la décentralisation.

Jean-Noël Jeanneney, septembre 1982 (audio)

Un mois à peine après son investiture, le nouveau président-directeur général fait face à une grève et interrompt la diffusion d’un message syndical « pirate » sur les ondes. Il s’en explique.

Grève à Inter, novembre 1982

Durant son mandat, il renouvelle notamment l'information du matin sur France Inter, développe le réseau des radios locales de service public, installe les nuits de France Culture, fonde le Festival de Radio France et de Montpellier.

En 1985, il fête les bons résultats d’audiences du groupe à Clermont-Ferrand et donne sa vision de la radio publique.

Jean-Noël Jeanneney, décembre 1985

En octobre 1985, la Haute autorité le reconduit dans ses fonctions de PDG de RF et de RFI. Au micro de Philippe Caloni il évoque sa fonction, ses avantages et ses inconvénients. Il cite ensuite les qualités et les défauts de Radio-France et fait l'éloge du service public.

Jean-Noël Jeanneney, octobre 1985 (audio)

Roland Faure (1986-1989)

Roland Faure, journaliste et patron de presse le remplace en décembre 1986.

Portrait de Roland Faure, décembre 1986

Cet ancien journaliste connait les problématiques à résoudre, il a été deux ans directeur de l’information de France Inter et s’envisage comme un capitaine de gros paquebot.

Arrivée de Roland Faure, décembre 1986 (audio)

En 1987, avec Jérôme Bellay, il crée une radio d’infos en continu : France Info. Pour cela, il supprime Radio 7, la radio jeune de Radio France qui n’a pas su trouver sa place auprès des auditeurs. Il récupère ses fréquences et moyens techniques.

Lancement de France Info, mai 1987

Jean Maheu (1989-1995)

En février 1989, Jean Maheu rempalce Roland Faure nommé au CSA. L’ancien énarque a également été dirigeant de l’orchestre de Paris. Radio France c’est désormais 54 radios différentes, 3000 salariés. Il décrit sa façon de voir sa fonction et ses grandes directions à venir.

Jean Maheu, février 1989

Reconduit en 1992, il quitte ses fonctions en 1995.

A la fin de son mandat, son bilan est positif.

Bilan du septennat, 1995

Michel Boyon (1995-1998)

Michel Boyon assume la présidence de Radio France de 1995 à 1998

Il lance l’expérience Radio Urgences. En 1995, il évoque sa stratégie, évoque radio Urgences.

M Boyon, 1995

 Au cours de ce mandat il crée notamment la radio Le Mouv', elle émet depuis Toulouse.

Le mouv’, avril 1998

Jean-Marie Cavada (1998-2001)

Un homme de télévision lui succède : Jean-Marie Cavada, le producteur de la marche du siècle 

Il évoque ce grand changement.  

Jean-Marie Cavada, 1999

Il réagit à sa nomination en direct sur les ondes d’Inter

Nomination, Novembre 98

Il est reconduit à la tête de Radio France en novembre 2001. Il restructure l'offre régionale de Radio France en créant le Réseau France Bleu et y développe le numérique.

re-nomination, juin 2001

Au cours de son mandat, il s'oppose à la Ligue (ou fédération) française de football sur la question des droits de retransmission des informations sportives qu'elle souhaite rendre payante. Au début de 2004, il doit faire face à une grève de 18 jours, la plus longue des journalistes de l'audiovisuel public depuis 25 ans ; cette grève se termine sur un accord portant sur une augmentation de salaires.

En avril 2004, il démissionne de son poste pour rejoindre François Bayrou en politique

Démission de cavada, avril 2004

Jean-Paul Cluzel (2004-2009)

Jean-Paul Cluzel, ancien PDG de RFI reprend le flambeau et gère le conflit des négociations salariales laissées par son prédécesseur.

Nomination portrait, mai 2004

Malgré une bonne gestion et de bons résultats d’audience, il n’est pas reconduit dans ses fonctions. Claude Guéant, le conseiller de l'Élysée l’en informe par téléphone le 1er avril 2009. Nicolas Sarkozy nomme Jean-Luc Hees, l’ambiance est lourde

Jean-Luc Hees nommé, avril 2009

Jean-Luc Hees (2009-2014)

Jean-Luc Hees est un journaliste maison et a été directeur de France Inter jusqu’à l’arrivée de Jean-Paul Cluzel en 2004. A peine nommé, il revient par la grande porte et officialise sa prise de fonction dans le 13h00 de France Inter 

Jean-Luc Hees nommé, mai 2009

En 2011, il est reçu par France Bleu midi. Portrait. 

Portrait de Hees, 2011

Durant son mandat, il doit gérer l’éviction des humoristes Stéphane Guillon et Didier porte de la matinale de France Inter en 2010. On leur reproche leur outrance verbale. Jean-Luc Hees se défend d’avoir subit des pressions politiques.

Evictions des humoristes, juin 2010