Les moines de Tibhirine

Redaction Ina le 07/09/2010 à 17:49. Dernière mise à jour le 22/03/2016 à 11:39.
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Les moines de Tibhirine

Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 étaient enlevés sept moines trappistes du monastère Notre Dame de l’Atlas situé près du village de Tibhirine, en Algérie, par un groupe armé. Retour sur leur assassinat, survenu en pleine guerre civile algérienne.

Les moines de Tibhirine

Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, sept moines trappistes du Monastère Notre Dame de l’Atlas situé près du village de Tibhirine, en Algérie, sont enlevés par un groupe armé.

Enlèvement, témoignage de Msgr Claverie, 27 mars 1996

La stupéfaction est générale, ces groupes sont très nombreux dans la montagne aux alentours de Médéa où se trouve le monastère. D’autres exactions ont déjà eu lieu et onze religieux en ont été victimes. L’inquiétude est à son comble. Un frère témoigne de ce contexte angoissant.

Contexte tendu dans la région de Médéa, 27 mars 1996

Le 31 mars 1996, quelques jours après l’enlèvement, le monastère du Mont Atlas ouvre ses portes aux journalistes. Le frère Robert, toujours présent sur place, explique sa volonté d’attendre le retour de ses amis.

Portes ouvertes à Médéa

Le dossier des sept moines trappistes devient rapidement une affaire diplomatique. Hervé de Charrette, le chef de la diplomatie française, fait le point sur les informations obtenues par les autorités, dans une conférence de presse le 29 mars 1996. Il réclame le respect et le retour des « hommes de prière » et confirme la conduite d’une enquête commune aux deux pays.

Conférence de presse d’Hervé de Charrette

Le 26 avril 1996, un mois après la disparition des religieux, un communique du GIA (Groupe islamique armé) revendique l’enlèvement. Le groupement propose un échange contre certains de ses militants incarcérés en France.

Revendications du GIA

Quelques jours plus tard, l’évêque d’Oran, Monseigneur Claverie, est interviewé sur la situation en Algérie. Plus le temps passe, plus les moines deviennent des otages qui risquent de perdre la vie. Selon lui, aucune preuve ne permet de savoir qui les a enlevés et si une rançon a été demandée.

Monseigneur Claverie, le 10 mai 1996.

Les inquiétudes sont confirmées quelques jours plus tard. Le 23 mai, le GIA annonce que les sept moines ont été tués. Dans un geste symbolique, le cardinal Lustiger éteint les sept cierges qui symbolisaient les religieux à Notre-Dame-de-Paris.

Annonce de la mort des moines, 23 mai 1996

Le 2 juin, les frères de Tibhirine, comme on les appelle désormais, sont enterrés sous haute surveillance à Alger. Le premier ministre algérien ainsi que plusieurs membres de la classe politique algérienne sont présents. L’émotion est perceptible à l’intérieur de la Basilique d’Alger.

Funérailles des moines, 2 juin 1996

A l’époque, l’affaire semble limpide : des chrétiens ont été assassinés et décapités par des islamistes du GIA. Leur Leader Djamel Zitouni a revendiqué l’exécution.

En 2001, un ancien leader islamique confirme cette version.

Enquête sur les conditions de la disparition, 25 janvier 2001

Mais en 2003, un incroyable rebondissement a lieu. Un ancien lieutenant de la sécurité militaire algérienne prétend que les moines ont été enlevés par les services secrets algériens. Dans ce scénario, Zitouni a été manipulé par les militaires. Les proches des religieux déposent alors une plainte contre X à Paris.

Rebondissement, 9 décembre 2003

Selon les témoins, l’enlèvement visait un triple objectif: contraindre les moines, qui soignaient les insurgés, à quitter la région, discréditer les islamistes, et obtenir la reconnaissance de la France en faisant libérer les otages par l'armée. Mais l’affaire a mal tourné.

Enquête assassinat des moines de Tibhirine, 6 juillet 2009

Le 21 mai 2006, France 2 diffuse le témoignage poignant du frère Luc, l'un des sept moines cisterciens, seul survivant de l’enlèvement de Tibhirine.

Frère Luc, moine de Tibhirine, 21 mai 2006

Quatre ans plus tard, Xavier Beauvois revient sur ce drame dans le film « Des hommes et des dieux ». Primé à Cannes en 2010, il obtient un succès retentissant à sa sortie en salle.

Des hommes et des dieux, 5 septembre 2010

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En octobre 2014, le juge Trévidic se rend en Algérie pour percer le mystère de la morts des moines. Il accède au monastère, déterrent les dépouilles et procède à des prélèvements. Avant son retour en France les autorités algériennes lui confisquent ces pièces primordiales. Les familles des victimes sont déçues. 18 ans après les faits, sans ces preuves, la vérité s'éloigne à nouveau.

Réaction du juge Trévidic après son retour bredouille d'Algérie le 24 octobre 2012... "Nous n'atteindrons la vérité que si la France et l'Algérie la veulent...."

Pour aller plus loin : 

"Sept morts sur ordonnances", une enquête qui dérange dans le 13h15 du 12 octobre 2012

Le pack de 11 vidéos. Retour en vidéos sur ce drame survenu en pleine guerre civile algérienne.

Plus de documents sur le drame de Tibhirine.