Les droits de l'Homme

Redaction Ina le 28/11/2008 à 00:00. Dernière mise à jour le 08/12/2017 à 17:55.
Vie sociale
Les Droits de l'Homme

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et dans un souci de protéger les populations et les libertés fondamentales, le 10 décembre 1948, l'ONU adopte officiellement un texte emblématique : la Déclaration universelle des droits de l'Homme. Retour sur son histoire...

Un texte pour les libertés de la personne

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le monde entier se remet lentement de toutes les atrocités qu'il vient de vivre. Mais surtout, il a peur. Les populations ont redécouvert que « l'homme est un loup pour l'homme » et le sentiment de sécurité devient un besoin essentiel. C'est dans ce contexte qu'est créée l'Organisation des Nations Unies (ONU) en 1945. Accompagnée d'une Charte des Nations unies, adoptée à la fin de la conférence de San Francisco le 26 juin 1945, cet organisme international est avant tout destiné à garantir la paix dans le monde. Pour préserver au mieux et plus précisément les libertés fondamentales, un texte concernant les droits de la personne est donc nécessaire.

Le rôle primordial de René Cassin

Dès 1941, depuis la conférence interalliée qui se tenait à Londres, René Cassin, tout nouveau commissaire national chargé pour la France Libre de la justice et de l'instruction politique, déclarait que « la consécration pratique des libertés essentielles de l'homme était indispensable à l'établissement d'une paix internationale véritable ». C'est pourquoi, en 1946, lorsque l'ONU crée une « commission des droits de l'Homme », le gouvernement français propose les services de René Cassin, devenu vice-président du Conseil d'Etat. René Cassin intègre alors le comité de rédaction, au même titre qu'Eleanor Roosevelt et John Peters Humphrey. Le 16 juin 1948, un avant-projet est adopté comme base de travail : il contient une partie de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789, mais y ajoute les droits politiques, le droit à la nationalité, la protection des étrangers et les « droits sociaux, économiques et culturels ».

Internationale ou universelle ?

La commission des droits de l'Homme aboutit alors à un projet de déclaration en juillet 1948. L'Assemblée générale de l'ONU s'en saisit le 28 août, malgré des débats complexes. En effet, les pays communistes souhaitent préciser davantage la définition des droits économiques et sociaux, ainsi que ceux concernant les minorités nationales. De même, Anglo-Saxons et Français ne parviennent que difficilement à se mettre d'accord sur le nom officiel du texte : les premiers préférant parler de « déclaration internationale des droits de l'Homme », les seconds de « déclaration universelle », à la portée moins limitée. Finalement, l'Assemblée générale de l'ONU adopte la déclaration le 10 décembre 1948, tous les membres de l'organisation s'étant prononcés en sa faveur, à l'exception de l'URSS, des Etats d'Europe orientale, de l'Afrique du Sud et de l'Arabie saoudite qui s'abstiennent de tout vote.

Un symbole, une portée morale

La Déclaration Universelle des droits de l'Homme n'a cependant aucune portée juridique. Ce texte n'a qu'une valeur morale. C'est pourquoi, dès le mois de mai 1948, la commission des droits de l'Homme commence à préparer des projets de pactes, qui donneront une forme contractuelle au plus grand nombre possible de droits énoncés par la Déclaration. Mais le travail est ralenti, à cause du désaccord entre pays de l'Ouest et de l'Est. Il faut attendre la Détente et le 16 décembre 1966 pour que l'Assemblée générale vote le pacte international relatif aux droits civils et politiques et le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Tous deux n'entrent en vigueur qu'en 1976. Avec la Déclaration de 1948, ils constituent désormais la « charte des droits de l'Homme de l'ONU ».