Les deux amours de Louis Aragon

Redaction Ina le 21/12/2007 à 00:00. Dernière mise à jour le 03/10/2017 à 17:56.
Littérature
Louis Aragon

Poète et romancier français, Louis Aragon a consacré la plupart de ses œuvres à ses deux amours : celui d'une France libérée et celui de sa compagne, Elsa Triolet. Portrait de cet ancien surréaliste, né il y a 120 ans et disparu le 24 décembre 1982.

La rencontre avec le surréalisme

« Il est temps d'instaurer la religion de l'amour ! » Louis Aragon, le poète de la passion, le « Fou d'Elsa », est né à Paris le 3 octobre 1897. Etudiant en médecine, mobilisé lors de la 1ère Guerre Mondiale, il fait la connaissance d'André Breton sur le front. De retour à Paris, Louis Aragon s'oriente alors vers l'écriture. Il publie ses premières œuvres : des poèmes (« Feu de joie », « Mouvement perpétuel »), des romans parodiques (« Anicet ou le Panorama ») et un essai sur l'écriture automatique (« Une Vague de rêves »). Ce dernier ouvrage théorise le mouvement Dada et la naissance du surréalisme.

La notoriété, l'amour

Alors, la dimension d'écrivain et de poète d'Aragon ne va cesser de s'accroître, notamment avec « le Paysan de Paris », sorte de fable philosophique publiée en 1926. Ses écrits charment celle qu'il ne quittera plus : Elsa Triolet. Premier coup de foudre. Deuxième coup de cœur : la politique. Et première séparation : André Breton, Paul Eluard et d'autres surréalistes refusent de se soumettre à la volonté d'un quelconque groupe. Or, ses convictions de plus en plus fortes, Louis Aragon intègre le parti communiste dès 1927. Il se détache alors peu à peu de ses amis. Il devient un simple journaliste et écrit pour « L'Humanité ».

La politique, son deuxième amour

Durant la 2nde Guerre Mondiale, il s'engage dans la résistance, qui deviendra pour lui sa nouvelle source d'inspiration. En effet, réfugié en Zone Sud, la plume est son arme. Parallèlement à ses activités d'organisateur clandestin, il produit une œuvre poétique au service de la mobilisation patriotique. Il célèbre sa « Patrie des cent villages », « la Rose et le Réséda », Gabriel Péri et Honoré d'Estienne d'Orves, offrant aux maquisards la « Chanson du franc-tireur ».
 La guerre finie, il aura à cœur d'amorcer un travail de mémoire. C'est ainsi qu'il compose en 1954, « Strophes pour se souvenir ».

Le symbole de l'intellectuel communiste

Fort de l'influence qu'il a gagnée dans la Résistance, les combats politiques et publications rythment la fin de sa vie. Devenu le symbole même de l'intellectuel communiste, il dénonce le régime de Tito en Yougoslavie, prend part aux débats idéologiques après la mort de Staline, et se joint au mouvement étudiant de mai 68.
 Au décès d'Elsa Triolet en 1970, il survit en changeant radicalement de style de vie. Il affiche même des relations homosexuelles, notamment avec Jean Ristat, écrivain et poète qui lui fermera les yeux le 24 décembre 1982.
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