Les artistes face à la politique...

Redaction Ina le 02/03/2017 à 17:56. Dernière mise à jour le 24/03/2017 à 10:08.
Politique Art et Culture

Invitée hier soir dans l’émission politique, la romancière Christine Angot s’est emportée face à François Fillon, lui reprochant de se maintenir malgré sa mise en examen. Les artistes se livrent parfois à des débats enlevés et passionnés lorsqu'il s'agit de politique, s'exprimant avec la ferveur et la verve dont ils savent faire usage. Florilège…

1. Daniel Balavoine met en garde François Mitterrand : « le désespoir est mobilisateur »

C’est l’un des grands moments de la télé. En mars 1980, François Mitterrand, alors Premier secrétaire du parti socialiste, se retrouve face à Daniel Balavoine sur le plateau du journal télévisé d’Antenne 2. Le célèbre chanteur prend la parole pour « avertir » le futur candidat à la présidentielle de la situation grave d’une jeunesse française se trouvant dans un « désespoir mobilisateur », ne croyant plus en la politique, et prête aux actes les plus extrêmes.

2. Renaud, parolier en colère contre la désunion de la gauche

Un peu plus d’un an après, le chanteur Renaud est invité sur le plateau du journal télévisé. Son image médiatique de l’époque est liée aux paroles de ses chansons, très critiques envers le système, et au style vestimentaire de sa période « loubard ». Les journalistes l’interrogent ainsi sur les paroles extrêmes de sa chanson « Où c'est que j'ai mis mon flingue! ». Renaud répond avoir été inspiré à l’époque de son écriture par sa profonde déception devant les querelles politiciennes de la gauche.

3. Michel Piccoli dans le débat : « la gauche est-elle foutue ? »

En septembre 1991, à l’heure de la chute du bloc soviétique, qui marque la fin d’une époque, Guillaume Durand organise un débat sur la Cinq intitulé « la gauche est-elle foutue ? ». Réagissant à la diffusion de « l’Internationale », Michel Piccoli, André Glucksmann et Nicolas Sarkozy se lancent alors dans un débat passionné autour de l’héritage du communisme et de la désillusion face à la politique.

4. Pierre Arditi sur l’autocritique de la gauche, en 1993

Invité de Michel Field dans les « Mots de Minuit », l’acteur Pierre Arditi s’exprime sur la sortie du film de Costa-Gavras, « la Petite Apocalypse », dans lequel il interprète l’un des rôles principaux. Devant les critiques de certains médias, Pierre Arditi défend la nécessité d’avoir un regard critique et lucide sur l’histoire et les erreurs commises par la gauche, sans pour autant renier ses engagements politiques.

5. Guy Bedos et le « délit de paroles »

En 1996, le groupe de rap NTM est condamné par la justice à six mois de prison dont trois fermes pour « outrage à personne chargée d’une mission de service public » pour les paroles d’une chanson jugée insultante à l’égard de la police. « L’affaire NTM » fait alors grand bruit : la gauche condamne unanimement le verdict, la droite se divise. C’est face à ces prises de position conciliantes avec le verdict de certains hommes politiques de droite que l’humoriste Guy Bedos réagit en novembre 1996, déplorant une condamnation « pour délit de paroles ». La peine sera finalement commuée en appel en une amende de 50 000 francs.

6. Colère de Bertrand Tavernier face à Bruno Gollnisch

En mars 1997, l’émission « Bouillon de culture », présentée par Bernard Pivot, est le théâtre d’une mémorable dispute entre le réalisateur Bertrand Tavernier et le député frontiste Bruno Gollnisch à propos de la directive européenne Télévision sans frontières. Bertrand Tavernier lui reproche l’absentéisme des députés FN lors du vote de la directive au Parlement européen, ce à quoi Bruno Gollnisch rétorque qu’ils n’y avaient pas été sollicités, contrairement aux autres formations politiques. S’ensuit une passe autour de Claude Autant Lara, sympathisant Front national depuis la fin des années 1980.

7. Patrice Chéreau : "le Front national contraire aux valeurs démocratiques"

Dans la même émission, le réalisateur et scénographe Patrice Chéreau s'indignait de la présence de Bruno Gollnisch sur le plateau d'une émission culturelle comme "Bouillon de Culture", le Front national représentant selon selon lui le contraire d'une société pluraliste et ouverte au débat.