Robert Schuman et Jean Monnet

Au sortir de la guerre, les pays européens se sont fixé un objectif : reconstruire une paix durable à travers une Europe unie. Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères, défend dès 1950 une grande idée : assurer la prospérité par la coopération économique avec, à plus long terme, l'objectif d'une union politique. Il sera le grand négociateur de tous les traités majeurs de la fin de la seconde guerre mondiale.
C'est à ce titre qu'il propose, dans une déclaration le 9 mai 1950, de placer la production franco-allemande de charbon et d'acier sous une autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation d'autres pays européens. Cette proposition entraînera la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) en 1951.
 « Nous ne coalisons pas des Etats, nous unissons des hommes. » Auteur de ce credo visionnaire, Jean Monnet est l'un des pères de l'Europe, à l'origine de la CECA, dont il préside la Haute Autorité de 1952 à 1955. A cette époque, il évoque déjà l'idée d'un marché commun autorisant la libre circulation des marchandises et des individus, l'harmonisation des politiques sociales des pays membres et une politique commune en matière de recherche sur l'énergie nucléaire. Ces propos ouvrent la voie à la signature des Traités de Rome (1957) qui crée officiellement la Communauté européenne.

L'Europe des six

Six ministres des Affaires étrangères se retrouvent donc à Rome le 25 mars 1957 pour signer deux traités créant la Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom) et la Communauté économique européenne, autrement dit, la CEE. Son objectif ? Créer un marché commun et supprimer les barrières douanières entre les pays membres.
 Plusieurs institutions vont prendre en main les destinées de la CEE : la Commission, le Conseil des ministres, l'Assemblée et la Cour de justice, également en charge de la CECA et de l'Euratom. La construction européenne, prudente et lente, est donc d'abord limitée au seul domaine économique et à six pays d'Europe occidentale : Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas et République fédérale d'Allemagne. Le volet agricole viendra s'ajouter avec l'instauration d'une Politique agricole commune (PAC) en janvier 1962.

Qui a signé le traité ?

C'est dans un palais Renaissance romain, le Palais du Capitole, que se retrouvent les signataires en ce 25 mars 1957, très précisément dans la magnifique salle dite des Horaces et des Curiaces. Notamment le chancelier d'Allemagne Konrad Adenauer, Paul-Henri Spaak pour la Belgique, qui joua lui aussi un rôle de premier plan dans l'aboutissement que représentent les Traités, et, pour la France, Christian Pineau, ministre des Affaires étrangères, et Maurice Faure.

L'élargissement progressif

La Grande-Bretagne, qui souhaite adhérer à la CEE, se voit opposer à deux reprises, en 1963 et en 1967, un veto par le général de Gaulle. Il pense que le Royaume-Uni entretient de trop solides relations avec les Américains. La Grande-Bretagne devra attendre 1973 pour entrer dans le cercle des pays de la CEE, qui deviennent neuf en intégant également le Danemark et l'Irlande.
 Suivront en 1981 la Grèce, puis l'Espagne et le Portugal en 1986, l'Autriche, la Finlande et la Suède en 1995.
 Entre temps, avec le Traité de Maastricht de 1992, la Communauté européenne s'est transformée en Union européenne. L'Europe restera à 15 jusqu'en 2004 où elle connaîtra son plus important élargissement : République tchèque, Estonie, Chypre, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Malte, Pologne, Slovaquie et Slovénie, pas moins de dix Etats rejoignent l'UE. Enfin, en 2007, deux pays font leur entrée : la Bulgarie et la Roumanie.

Rédaction Ina le 19/03/2007 à 00:00. Dernière mise à jour le 23/03/2017 à 14:06.
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