La magie du chocolat

Redaction Ina le 09/04/2014 à 12:17. Dernière mise à jour le 23/10/2017 à 15:35.
Economie et société
La magie du chocolat

A l'occasion du salon du chocolat, partons à la découverte de cette douceur succulente. Nectar des Dieux Mayas, sombre comme l’ébène ou blanc comme l’ivoire, l’exquis cacao réjouit nos papilles, enivre nos sens et déchaîne les passions. Portrait.

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Un met divin

Je me nomme chocolat, je suis né dans les plaines tropicales d'Amérique du Sud et centrale sous la forme d’une fève de cacao, fruit du cacaoyer. Une chose est sûre, je suis cultivé depuis au moins trois millénaires dans la région de l'actuel Mexique. Cependant, la légende Maya attribue ma découverte aux dieux : mon origine divine me conférerait des pouvoirs magiques et thérapeutiques : me boire purifie et protège.

D’abord pris sous forme de boisson, on me transforme désormais en pâte malléable. C’est sous cette forme que j’entreprends de conquérir vos papilles pour votre plus grand plaisir… et le mien bien-sûr.

Fabrication artisanale de pâte chocolatée, 1955 (document muet)

Mes milles visages

Depuis le 19e siècle, ma fabrication a peu évolué : les graines de  cacao sont torréfiées puis concassées. Seules les parties digestives sont récupérées. On obtient alors une poudre que l’on peut mélanger au lait et au sucre. Transformé en une pâte onctueuse, je suis malaxé de longues heures pour libérer mes arômes. Au terme de ces opérations je suis prêt à me plier à toutes vos envies.

Étapes de fabrication du chocolat, 1986

Me créer relève de l’art artisanal,

Le chocolat artisanal, 1969

Les puristes me travaillent à la main, tel monsieur Jean-Jacques Bernachon, grand maître chocolatier de Lyon, qui sait sublimer mes noix rétives. Peut-être vous dévoilera-t-il ses secrets de fabrication ?

Les chocolats Bernachon de Lyon, 2003

Devenu industriel, je prends la forme d’une tablette ou d’un bonbon le plus souvent fourré, parfois alcoolisé, décoré ou sculpté. On me pare ensuite de magnifiques emballages dorés ou argentés.

Fabrication industrielle du chocolat, 1967

Mes pouvoirs magiques

Je suis très nutritif, bon pour la santé... et le moral. Contrairement aux croyances, je ne fais pas grossir et je diminue le taux de cholestérol. Le professeur Cabrol se porte garant de mes compétences.

Professeur Cabrol sur le chocolat, 1995

Antidépressif, j’ai des vertus calmantes et euphorisantes, voire aphrosisiaques que j’aime partager. Rempli de magnésium, je vous redonne le sourire.

Idées reçues sur le chocolat, 2012

Le seul hic, c’est vrai, je suis un peu addictif ! A l’image de cet homme qui se nourrit exclusivement de pain beurré au chocolat ! Toujours en parfaite santé à un âge avancé…

Un fondu de chocolat, 1996

Mes adorateurs

D’essence divine, je ne pouvais qu’être adoré, idolâtré. Mes adeptes me vouent un culte inconditionnel, me goûtent, m’apprécient, me dévorent en quantité presque indécente. (6,5 kilos par an et par Français).

Passé l’âge de la blédine, vient l’âge de la gourmandise. On m’aime de toutes les façons possibles : au lait, fourré, en bouchées, en rochers, les puristes m’apprécient surtout noir, légèrement amer, 70 % cacao minimum.

Leurs yeux brillent, leurs bouches sont gourmandes.

Club des croqueurs de chocolat, 1985

Mais attention, me désirer ne signifie pas me posséder. Tel le Graal, seul l’initié parviendra à saisir mon intensité. Ma confrérie est dirigée de main de maître par mon gourou, le philosophe Jean-Paul Aron, président du Club des Croqueurs de Chocolat. Ce "chocolatomane" parle de moi mieux que personne. Vice ou vertu ? Pour lui, m’adorer relève du parcours initiatique.

Jean-Paul Aron, club des croqueurs de chocolat, 1996

J’ai également une grande prêtresse, l’écrivaine Irène Frain qui évoque ici sa passion pour mes noirs secrets. Je suis sa drogue officielle.

Irène Frain, 1996

Les femmes sont mes plus belles vestales.

L’amour des femmes pour le chocolat 2003

Entre nous, c’est charnel ! J’honore leur beauté, je me transforme en onguents et autres crèmes de beauté.

Soins chocolatés, 2003

Je les pare de vêtements chocolatés. Les plus grands créateurs s’emparent de ma matière et la transforment sous leurs doigts experts.

Fantasmes chocolatés des couturiers, 1989

Mes adorateurs ont une seule devise : « une journée sans chocolat est une journée foutue ». Mes idolâtres se réunissent parfois la nuit, une nuit noire et dorée entièrement dédiée à mes charmes gustatifs illimités. La preuve, Jean-Pierre Coffe s’extasie devant mes propriétés aphrodisiaques.

La nuit du chocolat, 1987

Mon culte

Mes fidèles se réunissent chaque année dans un temple dressé en mon honneur : le salon du chocolat ! Ici, tout est occasion de me goûter, de m’admirer ou de m’exposer à la convoitise. Au programme : petits plaisirs et grands bonheurs.

1er salon du chocolat, 1995

Personne ne me résiste : hommes, femmes, enfants. Mon pouvoir de séduction est immense. Ils sont nombreux les accrocs au cacao à glorifier mon nom.

Microtrottoir, 1995

Le paradis est à portée de main et chacun peut s’initier au plaisir de la dégustation.

1er salon du chocolat, 1995

Mes jours de dévotion

Érigé en religion, je suis fêté à Noël et à Pâques. Lors de ces deux rendez-vous, les pâtissiers et chocolatiers m’honorent sous les formes les plus variées : pères Noël, œufs ou cloches mais pas seulement… je prends 1000 formes et autant de saveurs.

Salon de la confiserie 1969 (document muet, 1969)

Le rite que je préfère est la chasse aux œufs qui se perpétue de génération en génération.  

Playlist de documents de particuliers muets, 1950

Laissez-vous tenter. Goûtez-moi !

Chocolats de pâques, 1993

Un goût menacé

M’aimer ne suffit pas, il s’agit désormais de me défendre. Jalousé, certains cherchent à s’emparer de mes pouvoirs. Au beurre de Cacao, l’un de mes secrets d’alchimiste, on substitue des graisses végétales. Tels les anciens cultes celtes, je menace de disparaître.

Guerre du chocolat, 1996

Mes défenseurs mènent pourtant une lutte sans merci. Le président ivoirien lui-même s’est déplacé pour me soutenir.

La défense du chocolat, 1997

Les artisans-chocolatiers, mes fidèles chevaliers, continuent de me fabriquer dans les règles de l’art mais le pouvoir reste entre vos mains, chers consommateurs. Si vous m’aimez, consommez-moi 100% pur cacao et je vous promets de continuer à vous combler.

Décret sur la composition du chocolat, 2003