La littérature jeunesse

Redaction Ina le 26/11/2013 à 16:41. Dernière mise à jour le 24/11/2016 à 14:41.
Art et Culture Littérature

Comme chaque année à la même époque, le salon du Livre et de la Presse jeunesse de Montreuil ouvre ses portes. Longtemps resté le parent pauvre de la littérature, le livre jeunesse occupe désormais une place de choix dans le catalogue des éditeurs et sur les rayonnages des librairies. Focus.

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Du conte au roman

Jusqu’au début du XIXème siècle, la littérature jeunesse se limite aux contes (Charles Perrault, les frères Grimm) ou à quelques récits d’aventures (Gulliver, Don Quichotte, Robinson Crusoé).

Les voyages de Gulliver, 1979

A partir de 1850, les libraires d'éducation comme Louis Hachette investissent l'édition de loisirs. C’est à cette époque qu’il crée la célèbre collection « La bibliothèque rose ».

150 ans de la bibliothèque rose, 2006

La comtesse de Ségur est l’un de ses auteurs emblématiques avec des succès comme Les malheurs de Sophie, Le bon petit diable ou Les petites filles modèles etc.

Les petites filles modèles, 1958

La bibliothèque verte

L’entre-deux-guerres marque un renouveau des écrits jeunesse. Des noms prestigieux de la littérature prêtent leur plume au genre et lui redonne un second souffle à l’exemple de Marcel Aymé et de ses Contes du chat perché. Topor les illustre avec talent en 1977.

Les Contes du chat perché par Topor, 1977

Les éditions Hachette élargissent leur catalogue en 1923, notamment avec les ouvrages de Jules Verne. Elles créent « La bibliothèque verte », une collection destinée aux jeunes adolescents (et plus particulièrement aux garçons).

Le gagnant du concours bibliothèque verte, 1966

Bien que consacrée aux grands classiques, elle permet aussi à de jeunes auteurs de se lancer dans l’écriture. En 1974, Laurent Thiron devient un des auteurs en herbe de La bibliothèque verte.

Laurent Thiron, 1974

Succès des romans à suspens

Après guerre, la collection ouvre ses portes aux écrivains anglo-saxons. On peut citer l’anglaise Enid Blyton, auteur des séries à succès : Le Club des Cinq et Oui-Oui. En 1964, elle reçoit Jacques Olivier Chattard chez elle.

Enid Blyton, 1964

Au début des années 60, les fillettes peuvent elles-aussi dévorer les aventures de leur propre héroïne masquée et vêtue de noir : Fantômette.  Elle sort de l’imagination fertile de Georges Chaulet. En 2011, il se vendait encore 70 000 exemplaires des aventures de la justicière intrépide.

Les 50 ans de Fantômette

Un lectorat exigeant

Les enfants des années 60-70 s’approprient ces ouvrages, se les échangent, et en garnissent les étagères de leur chambre. Un public exigeant voit le jour. Un référendum organisé par les éditeurs nous fait découvrir les héros préférés des ados d’alors.

Les héros des lecteurs, 1960

Les jeunes aiment lire et le revendiquent. Cependant, l’offre ne les satisfait pas toujours. Plus assez jeunes pour apprécier la littérature enfantine, ils ne sont pas assez vieux pour accéder à l’offre adulte proposée en bibliothèque.

Les jeunes et la lecture, 1964

Certains auteurs décident d’aborder des thèmes jusqu'alors réservés aux adultes. François Ruy-Vidal leur parle de sexualité ou de violence. Il expose son point de vue dans ce débat de 1974 consacré à la littérature jeunesse… On est bien loin de Martine à la ferme…!

Les livres d’enfants, 1974

Le livre de poche

Le coût du livre représente un autre obstacle de taille à la lecture. Il faut attendre les années 70, soit 20 ans après le secteur adulte, pour voir apparaître les premières collections de poche pour jeunes.

Le livre de poche bon marché

Hatier lance « Jeunesse poche » dès 1971 puis l'École des Loisirs ses « Renard Poche ». Enfin vient « Folio junior » en 1977. Interview de Roald Dahl, l’auteur star de cette dernière.

Interview de Roald Dahl, 1979.

Désormais, la plupart des romans jeunesse sortent exclusivement en poche.

La lecture : une expérimentation ludique

Avec les années 2000, une nouvelle forme narrative plus créative voit le jour. Celle des albums illustrés. En sollicitant les cinq sens de l’enfant, ils transforment l’acte de lecture en une expérimentation ludique.

Jeunes lecteurs, 2010

En 2007, une star des illustratrices passe une journée avec une classe de maternelle.

Une illustratrice à la maternelle, 2007

Le succès français du livre pour enfant est unique au monde. La fidélisation du lecteur débute donc très tôt et passe par un travail soigné sur les illustrations et les couvertures.

Deux illustratrices au travail, 2010

Les sagas pré-adolescentes

Un livre sur cinq vendu en France est désormais un livre jeunesse. Les pré-ados boostent les ventes.

Les ados boostent les ventes, 2011

Le phénomène s’amplifie à la fin des années 90 avec la folie Harry Potter : 450 millions d'exemplaires, traduit en 70 langues.

Playlist : la Pottermania 

Cette série, en redonnant le goût de la lecture aux jeunes, relance les ventes d'autres auteurs, comme Stephenie Meyer et sa récente saga Twilight : 100 millions d'exemplaires vendus dans 50 pays

Saga Twiglight, 2009

Les amateurs de jeux vidéos et d’univers gothiques se rapprochent eux aussi du livre. Grâce à l’Héroïc Fantasy, on voit fleurir une nouvelle variété de romans dont les personnages ont l’âge de leurs lecteurs et vivent des aventures palpitantes dans le prolongement des contes merveilleux d’antan.

Héroïc Fantasy, 2010

D’autres héros de papier mènent une double vie sur Internet, à l’image de Thomas Drimm, imaginé par Didier Van Cauwelaert.

Thomas Drimm, 2007

Dernier succès en date, celui de la saga Hunger Games, adaptée au cinéma.

Le succès d'Hunger Games, 2013