La guerre d'Indochine

Redaction Ina le 19/11/2006 à 00:00. Dernière mise à jour le 02/06/2017 à 12:20.
Indochine et Vietnam
La guerre d'Indochine

A l’occasion de la journée d’hommage aux morts de l’Indochine, retour en images sur une guerre qui débuta le 13 décembre 1946 par l'insurrection de Hanoï et les débuts des combats dans le nord du Vietnam entre le Viet Minh et l’armée française. Après huit ans de combats, les Français se retiraient, laissant bientôt la place aux Américains…

Positionnement stratégique

Depuis la seconde moitié du XIXe siècle, l'Indochine constitue l'un des joyaux de l'Empire français. Composée du Laos, du Cambodge et du Viêtnam (lui-même subdivisé en 3 provinces : le Tonkin, l'Annam et la Cochinchine), la péninsule indochinoise permet à la France de s'assurer un ancrage stratégique en Asie.

La France est chassée de la péninsule

Dès 1945, les positions françaises en Indochine sont fortement compromises par les troupes japonaises. Soucieux de surveiller les voies d'accès vers la Chine, les Japonais réussissent rapidement à chasser l'administration et l'armée française de la péninsule. Pourtant, les soldats japonais vont, à leur tour, être délogés du Viêtnam par Hô Chi Minh et ses escadrons du Front pour l'Indépendance du Viêtnam (le Viêtminh). Le révolutionnaire communiste proclame alors l'indépendance de la République Démocratique du Viêtnam (RDVN).

Bombardement du port d'Haïphong

La seconde guerre mondiale terminée, la France ambitionne de retrouver toutes ses prérogatives en Indochine et décide de repartir à sa conquête. Les militaires français envoyés sur place ne vont pas tarder à rencontrer l'opposition des troupes du Viêtminh. Après plusieurs tentatives d'accords, le conflit éclate entre les deux parties juste après le bombardement du port d'Haiphong par les Français le 23 novembre 1946.

La guérilla Viêtminh prend l'avantage

Les soldats français, implantés dans les villes, sont vite débordés par les assauts de guérilla Viêtminh, menée depuis les régions rurales (d'où elle peut aisément trouver ravitaillement et refuge de la part de ses compatriotes). Paris décide donc de trouver une solution politique. Signés en juin 1948, les accords de la baie d'Along accordent l'autonomie au Laos et au Cambodge (qui deviendront indépendants en 1953) et octroie l'indépendance à l'ancien empereur vietnamien Bao-Daï. Mais le Viêtminh refuse de reconnaître ce « gouvernement fantoche » et continue la lutte armée.

Un enjeu de la guerre froide

Les révolutionnaires vietnamiens peuvent désormais compter sur l'aide de la Chine de Mao, d'où proviendront armes et approvisionnement, tandis que la France – au nom de la défense d'un « monde libre » – est soutenue par les Etats-Unis. Devenu un enjeu de la guerre froide, le conflit indochinois s'intensifie.

Les accords de Genève mettent fin au conflit

L'écrasante défaite française de Diên Biên Phu (voir focus) va précipiter l'issue du conflit. Appelé à la hâte à la tête du gouvernement, Pierre Mendès France décide de négocier la paix. Les principales puissances concernées par le conflit signent alors le 20 juillet 1954 les Accords de Genève, qui prévoient l'évacuation de l'ensemble des troupes françaises d'Indochine et un partage provisoire du Vietnam en deux Etats (Hô Chi Minh contrôle la partie nord, tandis que le sud reste sous l'autorité de Bao-Daï). Des élections libres devront décider d'un éventuelle réunification du pays. Mais le référendum n'aura jamais lieu, ce qui précipitera l'arrivée d'un nouveau conflit : la guerre du Viêtnam.

Pour aller plus loin : 

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