La grippe aviaire

Redaction Ina le 07/05/2007 à 00:00. Dernière mise à jour le 21/02/2017 à 09:40.
Médecine, Santé
Grippe aviaire

Des milliers de canards vont encore être abattus dans le Sud Ouest de la France pour enrayer un nouvel épisode de grippe aviaire. Venue d'Indonésie en février 2006, elle contamine rapidement les élevages de volailles français. Retour en images sur ce virus qui laisse planer la menace d'une pandémie.

Transmission à l'homme

La grippe aviaire, appelée aussi « grippe du poulet », est une infection due au virus H5N1. Elle peut être fortement contagieuse (surtout chez les poulets et les dindes) et se transmet par contact direct et indirect, notamment par l'intermédiaire de l'eau ou de la nourriture.
Si cette infection touche essentiellement les oiseaux - sauvages ou domestiques - elle peut éventuellement affecter d'autres espèces animales, notamment les mammifères, mais aussi les hommes. La contamination de l'animal à l'humain se fait principalement lors de contacts étroits et prolongés avec des bêtes infectées, vivantes ou mortes.

L'Asie, l'Europe et l'Afrique touchées

Le premier décès humain dû à la grippe aviaire remonte à 1997. Un jeune garçon de trois ans résidant dans un élevage de volatiles de Hong-Kong meurt alors d'une mystérieuse grippe, qui tue cinq autres personnes.
Six ans plus tard, en décembre 2003, la Corée du Sud annonce de nouveaux foyers de grippe aviaire et, malgré les efforts pour limiter sa propagation, la maladie va se développer en Asie puis en Europe et en Afrique.

Mesures de sécurité

Février 2006 : la France découvre qu'un premier élevage est contaminé dans l'Ain : les 11 000 volailles doivent alors être abattues. Avant même la découverte de ce foyer, plusieurs mesures de sécurité ont été mises en place (et sont toujours en vigueur aujourd'hui). Paris a notamment signé l'interdiction d'importer des volailles vivantes, des viandes de volaille et des œufs provenant de Thaïlande (seul pays exportateur affecté par la grippe aviaire) et l'introduction sur le territoire d'oiseaux de volière et d'oiseaux d'ornement en provenance des pays affectés par la grippe aviaire est prohibée…
Début 2007, la surveillance et la protection des volailles a été renforcée à la suite de nouveaux cas d'apparition du virus en Grande-Bretagne et en Hongrie. En France, le ministère de l'Agriculture indique que le niveau de risque d'exposition au H5N1 a été ramené au niveau « négligeable ».

Menace de pandémie

La grippe aviaire reste pourtant une réelle menace pour l'humanité. S'il n'y a pour l'instant qu'une centaine de décès recensés, les experts internationaux redoutent que la maladie se transmette un jour d'homme à homme. De récentes études ont montré que le virus n'a pas encore commencé sa mutation. Il n'en reste pas moins qu'en cas « d'humanisation », le H5N1 pourrait entraîner une véritable pandémie et provoquer la mort de plus de 100 millions de personnes.

Un précédent : la grippe espagnole

Personne aujourd'hui ne peut affirmer la vraisemblance de ce scénario catastrophe. Pourtant, l'existence de précédents incite plusieurs pays à s'y préparer. En effet : de 1918 à 1920, plus de la moitié de la population mondiale se trouve infectée par la grippe espagnole. Avant de se propager aux hommes, ce fléau – qui portait le nom de H1N1 – ne concernait initialement que les animaux.