La griffe Pierre Bergé en dix vidéos

Redaction Ina le 08/09/2017 à 15:39. Dernière mise à jour le 08/09/2017 à 16:20.
Art et Culture

Pierre Bergé est décédé à l’âge de 86 ans, ce vendredi, à Saint-Rémy de Provence. Avec sa disparation, c’est une page de l’histoire de la mode et de la culture françaises qui se tourne. De sa relation célèbre avec Yves Saint Laurent à sa passion pour l'art, la musique et la littérature, retour sur la vie de Pierre Bergé en dix vidéos...

Quand Pierre Bergé arrive à Paris, en 1948, à l’âge de 18 ans, il est un jeune homme passionné de lecture et de culture. Très vite, il fréquente de grands noms de son temps, Mac Orlan, Jean Cocteau, Bernard Buffet, Jean Giono.

Pierre Bergé à propos de Jean Giono, sur le plateau de Bouillon de culture, en 1991.

Il rencontre véritablement son destin lorsqu’en 1958 il fait la connaissance du jeune couturier Yves Saint Laurent, alors en poste chez Christian Dior, lors de la présentation de sa première collection,Trapèze. C’est le début d’une mythique relation amoureuse et professionnelle, qui aboutit à la création en 1961 de la marque Yves Saint Laurent. Pierre Bergé gère la carrière de son protégé et devient directeur financier de la griffe parisienne.

Pierre Bergé à propos d’Yves Saint Laurent, sur Le divan d’Henri Chapier, en 1994.

Pierre Bergé revient sur les buts de la maison Yves Saint Laurent, dans Figures, en 1988.

Pierre Bergé imprime donc son style au sommet de la haute couture française. Sa complémentarité avec Yves Saint Laurent est manifeste. N’étant pas lui-même couturier, il porte sur le domaine de la mode le regard neuf et complet d’un homme touche à tout et brillant. Invité sur les plateaux de télévision pour débattre avec ses confrères du milieu parisien de la haute couture, il a les vues les plus pénétrantes sur les relations entre mode, haute couture et évolution sociétale. Il est un de ceux qui comprennent avant les autres la direction fondamentale que prend la mode urbaine vers plus de confort et de légèreté.

Dans cette interview, il rappelle la modernité de la haute couture, et réfute l’opposition entre haute couture et prêt-à-porter. Selon lui, les impératifs commerciaux et les diktats de la presse ne dictent en rien la créativité des grands couturiers.

 « Ce qu’il y a de nouveau à notre époque, c’est le fait de sentir une tenue et de pouvoir ainsi la porter n’importe où… »

« Il fut un temps où la mode changeait à toute saison. Aujourd’hui, ce qui compte le plus, c’est de se sentir bien dans ses vêtements… »

« Le rôle de la haute couture, c'est de faire passer les innovations dans la mode au plus grand nombre »

Pierre Bergé s’est démarqué par certaines positions sociales progressistes. Dans le débat sur le prix du prêt-à-porter , jugé exagéré par certains sur le plateau, il se réjouit des causes de cette augmentation, à savoir l’évolution à la hausse des salaires et des conditions de travail des salariés du textile. Il insiste sur le fait que la qualité implique un coût social de plus en plus important, qu’il est juste et normal de respecter, et observe avec regret que de nombreuses entreprises concurrentes ne respectent pas cette déontologie élémentaire.

« Je suis le premier à me réjouir de la hausse des salaires et des charges sociales ».

Pierre Bergé préside en outre plusieurs institutions culturelles, comme l’Opéra Bastille, de 1988 à 1993. En 1991, il y organise une exposition sur L’art du ballet en Russie.

Pierre Bergé à propos de l’exposition Yves Saint Laurent, l’art du ballet en Russie.

Auparavant, de 1977 à 1982, il dirige le théâtre de l’Athénée. Dans cette interview, il présente les lundis de l’Athénée, et en profite pour jouer quelques notes de piano.

Pierre Bergé joue La veuve joyeuse, dans le cadre de son théâtre de l’Athénée, en 1980.

Toute sa vie, Pierre Bergé gravite autour des plus grands artistes, des plus grands noms de son époque. Aussi, on lui pose souvent cette question : « êtes-vous un artiste raté » ?

Pierre Bergé, artiste raté ou artiste manqué ?