La droite et la culture du chef

Redaction Ina le 13/11/2012 à 10:57. Dernière mise à jour le 11/04/2015 à 09:44.
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La droite et la culture du chef

A l’occasion de l’élection du nouveau président de l’UMP par les militants du parti, Ina.fr revient en images sur les grands courants de pensée de la droite française.

 Plusieurs droites

Qui de Jean François Copé ou de François Fillon va diriger l’UMP ? D’un côté Jean François Copé tient un discours radical. De l’autre, l’ancien Premier ministre souhaite incarner une droite plus traditionnelle. Quelle doctrine pour la droite française aujourd’hui? Quel héritage ? Quelle filiation ? Voici quelques éléments de réponses.
Dans « Les Droites en France », René Rémond explique que la Révolution Française a crée un schisme et donné lieu à 3 courants de pensée au sein de la droite :
- la droite légitimiste qui s’oppose catégoriquement à la Révolution et la combat. Il s’agit de la droite la plus extrême et la plus radicale.
- la droite orléaniste qui, plus conciliante, accepte l’héritage de la Révolution mais défend largement le libéralisme.
- la droite bonapartiste représentée par un chef autoritaire au pouvoir fort. Alors que dire de la droite sous la Vème République ?

 Gaullisme

Le Gaullisme est-il héritier du bonapartisme ? Avec la Vème République, De Gaulle met fin au régime des partis. Il instaure par ailleurs le fameux article 16 dans la Constitution qui offre les pleins pouvoirs au chef de l’Etat en cas de crise. De plus, son passé de chef de la France Libre, sa grande taille et son éloquence font de lui un leader charismatique.
D’un point de vue économique, la doctrine gaulliste se caractérise aussi par un refus très net du capitalisme sauvage et du socialisme collectiviste.
Enfin, en matière de politique extérieure, De Gaulle défend une certaine indépendance de la France (antiatlantisme).
 Ecoutez De Gaulle évoquer avec humour l’après Gaullisme lors d’une conférence de presse en 1967.

 Pompidolisme

Le Pompidolisme est-il une rupture du gaullisme ? En 1973 Georges Pompidou affirme « n’avoir à recevoir de leçon de gaullisme de personne ». Les deux premiers présidents de la Vème République défendent une même idée de la France et semblent avoir la même conception d’un exécutif fort. En 1967, Georges Pompidou pense que gouverner « c’est l’art de d’éliminer les mais ». A son décès, deux candidats de la majorité s’opposent, l’UDR Jacques Chaban Delmas qui s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs, et Valérie Giscard d’Estaing, qui souhaite réformer la droite française de l’intérieur.

 La doctrine VGE

La politique de Valérie Giscard d’Estaing s’inscrit plutôt dans une logique libérale et donc dans une lignée orléaniste. Même si son héritage est directement issu du gaullisme comme il l’expliquait en 1968 : « seule la contestation au sein du gaullisme permettra d’éviter à la France une révolution tous les 2 ans ». Elu en 1974 à la présidence de la République, il nomme Jacques Chirac Premier ministre. La tension est palpable entre les deux hommes qui ne partagent pas les mêmes opinions.

Jacques Chirac : un néo-gaulliste?

En 1970, Jacques Chirac voit le gaullisme avant tout comme « une doctrine morale, le refus de l’affaiblissement et une certaine conception de l’honneur ». Une fois au pouvoir, il tend à appliquer cette vision de l’indépendance française. Alors qu’il est Premier ministre en 1976, il prononce un discours sur l’Europe aux accents gaullistes :« Nous ne pensons pas que l'Europe est une sorte de poudre de perlimpinpin au secours des gouvernements à court d'idées ». La même année, il confirme son statut d’héritier en créant le RPR, parti ouvertement gaulliste dont le symbole est une croix de Lorraine. Pour autant, selon lui le mouvement gaulliste « ne peut pas être classé à droite ».

Nicolas Sarkozy : retour au Bonapartisme?

A plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy a été décrit comme un nouveau Napoléon Bonaparte par les médias. L’écrivain Patrick Rambaud et le journaliste politique Patrice Duhamel ont décrit dans leurs ouvrages Nicolas Sarkozy comme une sorte de Premier consul contemporain.
Retour en images sur la culture du chef et les courants de pensée de la droite française.