La conférence de Yalta

Redaction Ina le 29/01/2015 à 17:40. Dernière mise à jour le 10/04/2015 à 12:21.
Histoire et conflits Seconde Guerre mondiale
La Conférence de Yalta

Il y a 70 ans, du 4 au 11 février 1945, les principaux dirigeants en guerre contre le IIIe Reich se réunissaient à Yalta pour préparer un nouvel ordre mondial post conflit. Retour sur un tournant de la Seconde Guerre mondiale.

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Winston Churchill, Franklin D. Roosevelt et Staline à la conférence de Yalta, février 1945

Mettre un terme à la guerre

Du 4 au 11 février 1945, à l'approche de la fin de la Seconde Guerre mondiale, les alliés organisent une grande réunion dans la station balnéaire de Yalta en Crimée. Parmi les participants se trouvent les principaux représentants des grandes puissances mondiales : Joseph Staline (Union Soviétique), Winston Churchill (Grande-Bretagne) et Franklin D. Roosevelt (États-Unis). Le général de Gaulle est le grand absent de ces négociations.

Chronique de Jean Marin en février 1945 sur cette absence remarquée. (audio)

Leur but affiché est clair: adopter une stratégie commune pour hâter la fin du conflit et établir un nouvel ordre mondial après la défaite du Troisième Reich.

Contrôler Staline

En 1981, François Fejto, journaliste et historien français d'origine hongroise, spécialiste de l'Europe de l'Est et de l'histoire du communisme revient sur le contexte historique de la conférence.

Il s'agit de présenter au leader soviétique une stratégie commune sur la planification de la campagne finale contre les troupes allemandes et japonaises, mais également de limiter la progression de l'Armée rouge en Europe centrale. Les troupes de Staline ont presque atteint Berlin, alors que l'armée alliée peine encore à libérer Strasbourg…

Chronique de Jean Guignebert sur le motif de cette réunion, le 9 février 1945. (audio)

Yalta : le partage du monde

La négociation aboutit à une réorganisation géographique et politique :

La promesse d'élections libres dans les États européens libérés, la tenue, en avril 1945, de la conférence de San Francisco, la destruction de l'armement allemand.

En 1965, André Fontaine et Arthur Conte analysent ces accords. (audio)

Autre point capital : l'Allemagne est divisée en trois zones occupées par les trois vainqueurs. Une quatrième est finalement donnée à la France à la demande du général de Gaulle.

Chronique de Roger Massip, le 10 février 1945, sur les décisions interalliées et la stratégie française.

Enfin, l'établissement de nouvelles frontières soviétiques sur la ligne du pacte germano-soviétique de 1939 déplaçant les frontières de la Pologne (la grande perdante de cette négociation).

Chronique de Roger Massip sur les nouvelles frontières en préparation à la conférence, 13 février 1945. (audio)

Quelques modalités concernent également le fonctionnement de la future organisation des Nations Unies (ONU), dont la création a été décidée en 1944. La France, bien qu'absente à Yalta, obtient néanmoins un poste de membre permanent.

Chronique de Roger Massip sur les conclusions de l'accord et les réserves de la France sur certaines d'entre-elles le 18 février 1945. (Audio)

Le socle de la Guerre froide

Staline est le grand vainqueur des Accords de Yalta. Malgré ses promesses, il n'en respecte pas les termes et met l'Europe de l'Est sous sa coupe, qui se retrouve finalement coupée en deux par le rideau de fer.

L'Europe sous la coupe de Yalta, 1981

Yalta aboutit à cinquante ans de Guerre froide.

Fallait-il couper le monde en deux? De Yalta à Helsinki (1945-1975)

Il faut attendre 1989, avec l'ouverture de la frontière RDA-RFA pour clore cette parenthèse historique.

En décembre 1989, Georges Bortoli commente des images résumant la période comprise entre Yalta et le sommet américano-soviétique prévu à Malte.