L'extrême droite en Autriche

Redaction Ina le 24/05/2016 à 10:38. Dernière mise à jour le 17/10/2017 à 10:18.
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L’extrême droite est aux portes du pouvoir en Autriche. Alors que les élections législatives ont placé en tête les conservateurs de l’ÖVP, le parti socialiste et le parti d’extrême droite FPÖ arrivent au coude à coude, respectivement en deuxième et troisième position des suffrages. Ce dernier peut donc espérer participer au futur gouvernement. Longtemps discréditée par l’Histoire du pays, l’extrême droite perce depuis les années 1990.

Le 4 février 2000, l’extrême droite entre pour la première fois depuis 1945 au gouvernement fédéral. Sous la houlette de son président, Jörg Haider, le FPÖ (parti de la liberté d’Autriche) devient un partenaire incontournable de la politique viennoise. Portrait d’un homme connu pour ses déclarations provocantes sur le passé nazi du pays : 

1996-2002 : Jörg Haider et la montée de l’extrême droite

En 1996 le FPÖ réalise 27 % aux élections européennes, talonnant de près les deux principaux partis de gouvernement. Lors de ces élections, l’Europe de Maastricht est alors pointée du doigt. 

Les élections législatives d’octobre 1999 sont un choc et un tournant dans la vie politique autrichienne. Le FPÖ est crédité de 28% des intentions de vote. Jörg Haider ambitionne de devenir chancelier. Analyse de ses thèmes de campagne, axés sur l’immigration. 

Le 3 octobre 1999, les résultats tombent : le FPÖ devient le deuxième parti du pays, cassant ainsi la coalition gouvernementale des sociaux-démocrates alliés au parti populaire. L’extrême droite réclame le pouvoir, mais doit se trouver un allié de coalition. 

Le 1er février 2000, quelques mois après les élections, alors que les tractations politiques sont toujours en cours à Vienne, l’UE s’empare du dossier autrichien. Pour la première fois, la commission européenne tient une réunion d’urgence à propos de la politique intérieure d’un état membre. L’UE prévient qu’elle sera très vigilante vis-à-vis de la situation démocratique de l’Autriche et menace le pays de sanctions diplomatiques.

Le 3 février 2000, Jörg Haider semble obtenir après des mois de négociations la constitution du nouveau gouvernement. D’importantes manifestations d’opposition à l’extrême droite agitent Vienne. 

Comme prévu, les sanctions diplomatiques sont mises en place par l’UE en réaction à l’entrée du FPÖ dans la coalition gouvernementale. Jörg Haider n’occupe cependant pas de fonctions ministérielles.

Portrait de Susanne Riess-Passer, vice chancelière, membre du FPÖ. Surnommée le « cobra royal », également présentée comme « la femme élégante du parti », elle se démarque de certains de ses collègues extrémistes par sa retenue et son image de politique modérée. 

Quelques jours après la nomination du gouvernement, Jörg Haider tient une conférence de presse. A Klagenfurt, capitale de la Carinthie, son fief, il montre qu’il détient la réalité du pouvoir, même s’il ne participe pas à la coalition. 

Le 19 février, des milliers de manifestants défilent à Vienne contre l’extrême droite. Fodé Sylla, président de Sos Racisme, et Bernard Henri Lévy sont présents.

Le 24 novembre 2002, Wolfgang Schüssel, chef du gouvernement, membre du parti populaire, convoque des élections législatives anticipées. La raison : les dissensions internes au FPÖ qui fragilisent sa coalition. Les résultats sont sans appel : le parti d’extrême droite dégringole à 10% des suffrages exprimés.  Jörg Haider semble vouloir reconstruire son parti.

Heinz Christian Strache, nouvel homme fort du FPÖ

En septembre 2008, le FPÖ et un autre parti d’extrême droite totalisent à nouveau des scores impressionnants (29%). Un homme politique symbolise le renouveau du FPÖ : Heinz Christian Strache, son nouveau leader. 

Alors qu’il s’apprête à effectuer un retour fracassant au plus haut niveau de la politique autrichienne, Jörg Haider trouve la mort dans un accident de voiture. Ses funérailles suscitent une vague d’émotion à travers le pays. 

En 2011, l’extrême droite progresse en Europe . Portrait de Hans Christian Strache et décodage du FPÖ par un universitaire français. Ce dernier dévoile certaines références nazies présentes dans la communication du parti.

En 2013, le FPÖ recueille à nouveau des résultats très importants.