Près de 100 ans après les faits, l'affaire Seznec est relancée. Dans un témoignage diffusé sur France 2, les petits-enfants de Guillaume Seznec ont révélé les circonstances de la mort de Pierre Quéméneur en 1923. Leur grand-mère, agressée sexuellement, aurait en réalité tué le conseiller général du Finistère... Retour sur une affaire qui défraye toujours la chronique.

L'inculpation

Le 1er juillet 1923, Guillaume Seznec, propriétaire d'une scierie à Morlaix en Bretagne, est inculpé de l'assassinat de son ami Pierre Quemeneur, conseiller général du Finistère. Quelques semaines auparavant, la victime avait été aperçue pour la dernière fois en compagnie du prévenu, à la gare de Houdan dans les Yvelines.

Du trafic au meurtre

Ce jour-là, les deux hommes doivent se rendre à Paris pour s'engager dans un trafic de Cadillac (une activité assez répandue dans la France d'après-guerre). Mais à la suite d'une panne de voiture, ils préfèrent se séparer. Pierre Quemeneur décide de prendre le train pour arriver à temps à son rendez-vous parisien, tandis que Guillaume Seznec rentre seul à Morlaix. Arrivé à destination, il apprend la disparition de son ami.

Une enquête expéditive

Ne souhaitant pas ébruiter les activités frauduleuses d'un conseiller général, la police cherche rapidement un coupable. Malgré l'absence de preuves et bien que le corps de la victime n'ait jamais été retrouvé, Guillaume Seznec est accusé de meurtre et condamné aux travaux forcés à perpétuité. Il sera envoyé au bagne à Cayenne, persuadé d'y finir sa vie.

La grâce présidentielle

Après vingt ans passés en Guyane, le général de Gaulle lui accorde sa grâce en 1947. Il souhaite alors être réhabilité par la justice, mais décède sans avoir obtenu gain de cause le 13 février 1954. Convaincus de l'erreur judiciaire, ses proches décident de continuer le combat. La persévérance de trois générations et huit requêtes auront été nécessaires pour que la justice accepte, le 11 avril 2005, de réviser le procès. Mais le 14 décembre 2006, l'annulation de la condamnation de Seznec est rejetée par la Cour de révision, celle-ci estimant qu'il n'y avait aucun élément nouveau susceptible de faire naître le doute sur la culpabilité de Guillaume Seznec.

Rédaction Ina le 02/10/2006 à 00:00. Dernière mise à jour le 07/05/2018 à 10:19.
Justice et faits divers