L'Affaire Cahuzac

Redaction Ina le 13/03/2014 à 12:24. Dernière mise à jour le 06/12/2016 à 17:30.
Médias Politique

Accusé de blanchiment de fraude fiscale, pour avoir déposé 600 000 euros sur des comptes étrangers, Jérôme Cahuzac va être fixé sur son sort judiciaire le 8 décembre par le verdict du tribunal correctionnel de Paris. Retour en images sur la chronologie d'un scandale d'État.

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L'affaire : Rappel des faits

Décembre 2012. "Je n’ai jamais eu de compte à l’étranger".  Jérôme Cahuzac, alors le ministre du Budget, répond ainsi à l'accusation de fraude fiscale lancée par le site d’information Médiapart. C’est le début d’un scandale au sommet de l’Etat. D’après un enregistrement en possession des journalistes de Médiapart, Jérôme Cahuzac détient depuis "de longues années" un compte en Suisse non déclaré.

Considéré comme le "héros de la lutte contre l’évasion fiscale", Jérôme Cahuzac dément et se dit victime d’une "chasse à l’homme". Partout l’information est reprise et la révélation fait l’effet d’une bombe. Dans un premier temps, Jérôme Cahuzac nie en bloc et reçoit le soutien de plusieurs membres du gouvernement et du Premier ministre Jean Marc Ayrault. Le ministre porte en plainte et entend poursuivre ses accusateurs en justice. Quatre mois plus tard, Jérôme Cahuzac quitte le gouvernement et avoue son mensonge. Retour sur un scandale d’Etat.

Chronologie des faits :

4 décembre 2012 : Révélation de Médiapart. Le ministre dément.

 5 décembre 2012 : Interpellé à l’Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac  assure qu’il n’a rien à se reprocher. "Je n’ai  pas, je n’ai jamais eu de compte à l’étranger, ni maintenant, ni avant". Selon le site Médiapart, l’argent du compte Suisse a servi à financer l’achat d’un appartement à Paris.

8 janvier 2013 : Le parquet ouvre une enquête préliminaire suite aux allégations du site Médiapart qui révèle un enregistrement dans lequel Jérôme Cahuzac explique que "l’UBS n’est quand même pas forcément la plus planquée des banques. Il n’est pas exclu que je devienne maire en mars, donc je ne tiens vraiment pas du tout à ce qu’il y ait la moindre ambiguïté". Le ministre dément être la voix que l’on entend sur la bande.

24 janvier 2013 : Arnaud Montebourg  à propos de l’Affaire Cahuzac dans l émission Des paroles et des actes : "Je suis un ancien avocat, j’ai exercé mon métier pendant 8 ans, je crois que nous devons entendre une proclamation d’innocence".

19 mars 2013 : Le parquet estime que les éléments sont suffisants pour ouvrir une information judiciaire pour blanchiment de fraude fiscale. Jérôme Cahuzac est contraint à la démission. "Par respect pour le bon fonctionnement tant du Gouvernement que de la Justice, j’ai décidé de présenter ma démission à Monsieur le président de la République". Bernard Cazeneuve, Ministre des Affaires européennes, prend la succession de Jérôme Cahuzac.

 

 

2 avril 2013 : Jérôme Cahuzac avoue. Il explique dans un communiqué de presse avoir "été pris dans une spirale du mensonge" et être "dévasté par le remord". Sur le plateau du 20h, Jean-Marc Ayrault vient exprimer son "sentiment de trahison". Après cette annonce, les réactions se succèdent. Les membres du  Parti socialiste semblent médusés. Mis en cause dans l’Affaire Bettencourt, Eric Woerth ne souhaite "pas accablé" l’ancien ministre. A l’inverse François Fillon parle d’une "faillite morale". Pour Edwy Plenel, responsable du site Médiapart, cela montre  "la complicité du monde politique et médiatique".

16 avril 2013 : Jérôme Cahuzac se confesse à la télévision. Il renonce à son mandat parlementaire et confesse avoir peur de la prison.

21 mai 2013 : Premières auditions de la commission d’enquête parlementaire. La commission cherche à connaître quelles informations détenaient le président et le gouvernement.

 

13 juin 2013 : Témoin clé dans l’affaire Cahuzac, Pierre Condamin Gerbier, ancien banquier suisse, affirme détenir les preuves que plusieurs hommes politiques français disposent de comptes en Suisse  non déclarés.

16 juin 2013 : Manuel Valls, Pierre Moscovici et Christiane Taubira sont à leur tour auditionnés par la commission parlementaire.